25/01/2026 Une découverte majeure réécrit l’histoire des paranthropes, ces hominines disparus il y a 1,2 millions d’années

Une mâchoire fossile découverte dans l’Afar, en Éthiopie, révèle que les paranthropes occupaient des territoires bien plus vastes qu’on ne l’imaginait. Jusqu’à présent, l’habitat de cet hominine était cantonné au sud de l’Afrique.

Depuis plus d’un demi-siècle, ce bassin du nord-est de l’Éthiopie est l’un des territoires les plus intensivement explorés par les paléoanthropologues. Ils y ont identifié plus d’une dizaine d’espèces d’hominines, appartenant aux genres Ardipithecus, Australopithecus et Homo, couvrant une large part de l’histoire évolutive humaine. Mais aucune trace des paranthropes. Ce groupe d’hominines robustes apparu il y a environ 2,7 millions d’années est connu pour ses molaires hypertrophiées et son appareil masticateur puissant. Il se divise en deux espèces : Paranthropus robustus et P. boisei.

Cette absence avait fini par être interprétée comme un signal biologique. Pour certains chercheurs, une spécialisation alimentaire trop marquée aurait limité les paranthropes à des régions plus méridionales. D’autres y voyaient la conséquence d’une concurrence perdue face à Homo.

La découverte d’une mâchoire partielle, datée de 2,6 millions d’années, dans la zone de Mille-Logya, remet brutalem ces scénarios en question. « Le principal résultat de notre étude est que cette découverte étend l’aire connue de Paranthropus de plus de 1000 kilomètres et montre que cet hominine était bien plus répandu et versatile qu’on ne le pensait« , explique Zeresenay Alemseged, principal auteur de l’étude publiée dans la revue Nature.

Cette mâchoire conduit aussi à réévaluer en profondeur l’écologie et le régime alimentaire de Paranthropus. Longtemps résumé à l’image d’un « casse-noix », à cause de ses grosses dents, le genre a souvent été présenté comme excessivement spécialisé, enfermé dans une niche alimentaire étroite dictée par son anatomie robuste. Une vision qui résiste mal à vaste dispersion géographique. « Pour que Paranthropus ait occupé des régions allant de l’Afrique du Sud jusqu’à l’Afar, il devait nécessairement disposer d’une certaine flexibilité alimentaire », souligne Zeresenay Alemseged. Les données accumulées ces dernières années vont d’ailleurs dans ce sens. Des analyses isotopiques et microstructurales des dents montrent que différentes espèces de Paranthropus consommaient des ressources variées, et pas nécessairement identiques entre elles. Des travaux récents suggèrent même que Paranthropus boisei était capable, au moins ponctuellement, d’utiliser ou de produire des outils en pierre, brouillant la frontière comportementale avec Homo.

l s’avère, finalement, que les paranthropes et les ancêtres des humains ont suivi des trajectoires évolutives parallèles, chacune avec ses contraintes et ses opportunités.  Notre découverte montre que ce genre était capable d’occuper des habitats variés, comme Homo et Australopithecus, et que son adaptation ne l’a pas empêché de se disperser largement en Afrique de l’Est« , ajoute-t-il.

La présence des paranthropes est désormais attestée du sud de l’Afrique jusqu’au nord de l’Éthiopie, et a perduré pendant environ 1,5 million d’années, entre 2,7 et 1,2 millions d’années.  » rappelle Zeresenay

Dans ces conditions, il faut se demander pourquoi le paranthrope a disparu et l’ homo emporté. La même question se pose à propos de l’australopithe confronté au paranthrope

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Par Sandrine Prat, Jean-Renaud Boisserie, François Marchal, Raphaël Hanon  le 9.09.2025 à 17:00

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Reconstitution d’un Paranthropus boisei mâle (délai). D’après le moulage du crâne OH 5 découvert à Olduvai en Tanzanie.

Reconstitution d’un Paranthropus boisei mâle (délai). D’après le moulage du crâne OH 5 découvert à Olduvai en Tanzanie. © Photo et reconstitution Elisabeth Daynes, LookatSciences




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