Un territoire grandlas comme quatre fois celui de la France métropolitaine, mais peuplé de seulement 56 000 personnes, et recouvert à 85 % de glace. À première vue, le Groenland ne semble pas particulièrement attrayant. Pourtant, la plus grande île du monde fait aujourd’hui l’objet de nombreuses convoitises, notamment de la part du président des États-Unis.
Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, Donald Trump a fait part à plusieurs reprises de ses envies d’annexion. « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper », a-t-il de nouveau déclaré le 6 janvier 2026.
Une prise de parole qui inquiète particulièrement les Européens, moins de deux jours après l’opération spéciale américaine qui a conduit à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro.
En 2019 déjà, Donald Trump avait évoqué l’idée d’acheter ce territoire, obtenant une fin de non-recevoir de la part des autorités danoises, dont le Groenland est un pays constitutif. Quelques-uns de ses prédécesseurs avaient essuyé le même refus, en 1867, en 1910 ou encore en 1947.
Un statut original
Le Groenland a connu de nombreux changements de statut depuis la seconde moitié du XXe siècle. L’ancienne colonie danoise a accédé au statut de communauté autonome constitutive du royaume du Danemark en 1979. Elle a alors acquis des compétences en matière de fiscalité, d’économie ou d’éducation, puis de police ou encore de justice à partir de 2009.
Le territoire reste néanmoins soumis à la Constitution et à la Cour suprême du Danemark, celui-ci conservant des prérogatives importantes, notamment dans les domaines des relations internationales, de la défense et de la sécurité. Par ailleurs, Copenhague verse aujourd’hui l’équivalent de 500 millions d’euros d’aides à l’île chaque année.
Comme le Danemark, le Groenland a rejoint la Communauté économique européenne (CEE, désormais Union européenne) en 1973. Mais le territoire autonome a décidé de la quitter douze ans plus tard, à la suite d’un référendum. Il n’est donc plus un territoire européen depuis le 1er février 1985.
Outre son appartenance au Danemark, le territoire conserve toutefois des liens importants avec l’Union européenne. Le Groenland figure ainsi parmi les 13 pays et territoires d’outre-mer (PTOM), un ensemble de dépendances et de territoires ultramarins qui entretiennent des liens constitutionnels avec un État membre de l’Union européenne, sans faire partie intégrante de l’UE.
Ces 13 pays et territoires relèvent aujourd’hui de trois États : 6 sont reliés à la France (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, les Terres australes et antarctiques françaises, Wallis-et-Futuna et Saint-Barthélemy), 6 autres aux Pays-Bas (Sint Maarten, Saba, Sint Eustatius, Aruba, Curaçao et Bonaire) et enfin le Groenland qui est un pays constitutif du royaume du Danemark. Le droit européen ne s’applique pas dans ces territoires, qui par ailleurs ne sont pas membres de l’espace Schengen
Les PTOM sont en revanche associés à certaines politiques de l’UE pour faciliter leur développement économique, social et commercial. Ce cadre est fixé par la décision d’association des outre-mer (DAO) : leur financement est issu du budget de l’Union, auquel s’ajoutent certaines dispositions de l’Instrument européen pour le voisinage, le développement et la coopération internationale (NDICI). Par ailleurs, les produits importés dans l’UE depuis les PTOM ne sont pas soumis aux droits de douane ou aux restrictions quantitatives. Enfin, leurs ressortissants disposent de la citoyenneté européenne et donc d’un passeport de l’UE. Le Groenland a connu de nombreux changements de statut depuis la seconde moitié du XXe siècle. L’ancienne colonie danoise a accédé au statut de communauté autonome constitutive du royaume du Danemark en 1979. Elle a alors acquis des compétences en matière de fiscalité, d’économie ou d’éducation, puis de police ou encore de justice à partir de 2009.
Le territoire reste néanmoins soumis à la Constitution et à la Cour suprême du Danemark, le pays scandinave conservant des prérogatives importantes, notamment dans les domaines des relations internationales, de la défense et de la sécurité. Par ailleurs, Copenhague verse aujourd’hui l’équivalent de 500 millions d’euros d’aides à l’île chaque année.
Comme le Danemark, le Groenland a rejoint la Communauté économique européenne (CEE, désormais Union européenne) en 1973. Mais le territoire autonome a décidé de la quitter douze ans plus tard, à la suite d’un référendum. Il n’est donc plus un territoire européen depuis le 1er février 1985.
Outre son appartenance au Danemark, le territoire conserve toutefois des liens importants avec l’Union européenne. Le Groenland figure ainsi parmi les 13 pays et territoires d’outre-mer (PTOM), un ensemble de dépendances et de territoires ultramarins qui entretiennent des liens constitutionnels avec un État membre de l’Union européenne, sans faire partie intégrante de l’UE.
Ces 13 pays et territoires relèvent aujourd’hui de trois Etats : 6 sont reliés à la France (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, les Terres australes et antarctiques françaises, Wallis-et-Futuna et Saint-Barthélemy), 6 autres aux Pays-Bas (Sint Maarten, Saba, Sint Eustatius, Aruba, Curaçao et Bonaire) et enfin le Groenland qui est un pays constitutif du royaume du Danemark. Le droit européen ne s’applique pas dans ces territoires, qui ne sont pas membres de l’espace Schengen par ailleurs.
Les PTOM sont en revanche associés à certaines politiques de l’UE pour faciliter leur développement économique, social et commercial. Ce cadre est fixé par la décision d’association des outre-mer (DAO) : leur financement est issu du budget de l’Union, auquel s’ajoutent certaines dispositions de l’Instrument européen pour le voisinage, le développement et la coopération internationale ). Par ailleurs, les produits importés dans l’UE depuis les PTOM ne sont pas soumis aux droits de douane ou aux restrictions quantitatives. Enfin, leurs ressortissants disposent de la citoyenneté européenne et donc d’un passeport de l’UE.
Pourquoi Donald Trump a-t-il décidé de s’emparer du Groenland ?
Pour justifier ses volontés d’annexion du Groenland, Donald Trump avance des raisons de sécurité nationale. Présents depuis la Seconde Guerre mondiale sur l’île, les États-Unis y ont notamment construit une base aérienne au nord-ouest, à Qaanaaq (ou Thulé) en 1953, rebaptisée base spatiale de Pituffik en 2023.
Dans une moindre mesure, le Groenland suscite également les convoitises de la Chine, qui y a développé des activités économiques et scientifiques ces dernières années, ou celles de la Russie, qui espère dominer l’Arctique dans les années à venir.
Ces multiples intérêts s’expliquent par la situation géographique de l’île, dont les planisphères donnent une mauvaise représentation. En regardant une carte centrée sur le Groenland (voir l’encadré ci-dessous), on constate la position stratégique du territoire. Constitué en grande partie de glace, il se réchauffe deux fois plus vite que le reste du globe, entraînant la fonte des glaces. Cette fonte pourrait ouvrir de nouvelles routes commerciales maritimes jusqu’ici inaccessibles.
De plus, le sol du Groenland est particulièrement riche en ressources : 13 % du pétrole et 30 % du gaz naturel non découverts à ce jour se trouveraient en Arctique, dont la majeure partie au Groenland.
Il serait riche enfin en terres rares, comme le nickel ou le cobalt, nécessaires à la fabrication des batteries pour les téléphones portables, par exemple. Là aussi, la fonte des glaces pourrait s’avérer déterminante.
L’option militaire n’a pas été écartée par Donald Trump pour s’emparer du Groenland. Compte tenu de la présence desbases militaire américaine sur l’île, une hypothétique invasion s’avérerait relativement simple à mettre en œuvre. Évidemment, une telle intervention créerait un choc sans précédent, notamment parce que les États-Unis et le Danemark sont alliés au sein de l’Otan
« S’ils envahissent le Groenland, ils envahissent l’Otan. L’article 5 de l’Otan [qui implique qu’une attaque contre l’un ou plusieurs de ses membres est considérée comme une attaque dirigée contre tous devrait être déclenché. Et si un pays de l’Otan envahit l’Otan, il n’y a plus d’Otan« , explique par exemple Elisabet Svane, correspondante politique en chef du journal danois Politiken, citée par la BBC.
Enfin, les États membres de l’UE, dont le Danemark, pourraient théoriquement évoquer l’article 42§7 du traité sur l’Union européenne, également appelé « clause de défense mutuelle ». « Au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir« , précise cet article clause dont bénéficie également le Groenland, a confirmé un porte-parole de la Commission européenne.
L’opposition de la France
Un an après le début du second mandat de Donald Trump, l’image des États-Unis auprès des Français s’est profondément transformée. L’enquête Ifop commandée par le site « Partir à New York », réalisée en ligne les 15 et 16 janvier 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes, donne des enseignements nets sur cette évolution.F
Sur la question des velléités américaines autour du Groenland – les Français affichent une forte opposition aux intentions de Washington. 70 % déclarent souhaiter que la France continue à s’opposer à de telles ambitions expansionnistes de l’administration américaine.
Cette défiance dépasse la seule opposition symbolique puisque 63 % des Français soutiennent la participation de leur pays à une mission militaire au Groenland – même si celle-ci est davantage politique que combattante – marquant un désir d’affirmer la présence européenne face à l’administration Trump.
Cependant, quand il s’agit d’options plus radicales, l’opinion publique se divise. 43 % estiment que la France devrait empêcher « au besoin par la force » une annexion américaine du Groenland, tandis que 33 % s’y opposent et 24 % n’ont pas d’avis. De même, une sortie de l’OTAN trouve l’appui de seulement 31 %, reflétant une prudence vis-à-vis d’une rupture stratégique nette avec l’alliance transatlantique.
Au-delà du volet géopolitique spécifique au Groenland, le sondage montre une remise en question plus large de la relation franco-américaine. 51 % des Français estiment aujourd’hui que les États-Unis constitueront une menace militaire pour la France dans les années à venir, un niveau de perception assez proche de celui attribué à la Chine (58 %).
Les forces militaires en présence
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Danemark occupé autorise les États-Unis à construire et exploiter des installations militaires au Groenland pour protéger le continent américain d’éventuelles agressions. En 1951, un traité entre Washington et Copenhague donne même le droit aux forces armées américaines de se déplacer librement sur l’île, à condition de respecter la souveraineté du royaume.
Si, à la fin de la guerre, les États-Unis possédaient 15 bases militaires au Groenland, il n’en reste plus qu’une : la base aérienne de Pituffik, située à l’extrême nord-est de l’île. Cet espace stratégique regroupe plusieurs installations militaires américaines. On y trouve es radars, des à missiles, des hangars pour bombardiers, ainsi que 150 à 200 soldats stationnés sur place, selon Le Monde.
Plusieurs avions de transport de troupes danois ont atterri au Groenland ce mercredi 14 janvier, dans la foulée des déclarations du ministre danois de la Défense sur le renforcement de la présence militaire du pays sur l’île. La sécurité du Groenland est officiellement assurée par le Danemark, via la « Joint Arctic Command », chargée de coordonner les unités militaires déployées au Groenland et aux îles Féroé.
La défense danoise compte des soldats à Station Nord, la base militaire la plus septentrionale du monde, ainsi que plusieurs détachements de la Royal Danish Air Force répartis au sud, à l’est et à l’ouest de l’île. Sous sa supervision se trouvent des navires de patrouille arctique, des avions, des hélicoptères, et la patrouille à chiens de traîneau longue distance, assurant la surveillance de l’intérieur de ce vaste territoire, explique le ministère de la défense danoise.
Plusieurs pays européens se sont associés au Danemark pour ce déploiement militaire, dans le cadre de l’opération baptisée Arctic Endurance. L’Allemagne a envoyé treize membres de son armée de terre, la Suède et la Norvège deux soldats chacun. Un officier britannique, un officier de marine hollandais et deux officiers finlandais participent également à l’exercice, selon le journal Le Parisien.
Le contingent français est, lui, estimé à une quinzaine de soldats. Il s’agit de spécialistes de haute montagne, aguerris aux conditions extrêmes et au combat en zone arctique. Un savoir-faire rare en Europe qui expliquerait notamment le nombre limité de militaires déployés.
Quant à l’avenir de cette mission dans le grand nord, la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, Alice Rufo, a indiqué sur BFMTV que son extension dépendrait des besoins, laissant ouverte la possibilité d’un renforcement plus important. D’autant qu’Emmanuel Macron a lui-même annoncé lors de ses vœux aux armées que la France allait envoyer d’autres « moyens terrestres, aériens et maritimes » dans les « prochains jours ».
Seront-ils reçus par des tirs a balles réelles américaines?
soureces
