14/01/2026 – Un grand pas vers la fusion nucléaire

Les chercheurs chinois qui travaillent sur la fusion nucléaire au sein du tokamak EAST https://en.wikipedia.org/wiki/Experimental_Advanced_Superconducting_Tokamak ont réussi à franchir une limite rarement dépassée dite de Greenwald.

Le tokamak EAST, surnommé « soleil artificiel » puisqu’il imite le processus de fusion de l’astre pour tenter de créer de l’énergie nucléaire, réussit exploit sur exploit. En janvier 2025, il avait établi un record en maintenant son plasma à 100 millions de degrés pour 1 066 secondes. À la fin de l’année, il a dépassé une limite quasiment immuable jusqu’à présent autour de la densité de ce plasma, lit-on dans une étude publiée dans Science Advances. https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.adz3040

La fusion nucléaire fait face à de nombreux obstacles. Elle permettrait de dire progressivement adieu aux sources d’énergie fossiles et ainsi de protéger la planète en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Mais cette technologie n’est pas une petite affaire. Elle ne peut être menée que dans des tokamaks, avec des matériaux très spécifiques et dans des conditions qui peuvent vite devenir instables. Mais les scientifiques chinois semblent avoir repoussé cette limite.

L’un des enjeux de la fusion nucléaire est de garder le plasma stable à des densités extrêmes. Or, la fusion nucléaire sera une alternative durable comme source d’énergie que lorsque l’on saura en lancer une en continu. Pour cela, le plasma, chauffé dans le tokamak et coincé là grâce à des champs magnétiques puissants, doit rester stable. Selon un communiqué de l’Académie des Sciences chinoise, l’EAST a réussi à le faire plus longtemps que jamais vu.

Depuis longtemps, les chercheurs qui s’intéressent à la fusion nucléaire ont défini la limite de Greenwald. Une limite de densité de la matière au-delà de laquelle le plasma devient instable. Cette limite est clé car plus la densité est grande, plus les atomes s’entrechoquent et plus la réaction de fusion est efficace, mais cela rend aussi le procédé instable… ce qui fait cesser la fusion.

Pour dépasser la limite de Greenwald, les scientifiques chinois ont suivi avec précision les interactions du plasma avec les murs du tokamak dès le lancement du procédé. En contrôlant la pression du gaz initialement insufflée dans le dispositif et la fréquence d’absorption des micro-ondes par les électrons. Grâce à ces éléments, la stabilité du plasma a atteint jusqu’à 1,6 fois la limite de Greenwald.

Ce n’est pas la première fois que la limite est franchie. En revanche, c’est la première fois que le plasma reste stable à une haute densité. Cela signifie certainement qu’il faut atteindre cette densité à chaque fois pour commencer à envisager l’ignition continue de la fusion.



Laisser un commentaire