La salamandre de Sibérie

Une salamandre de Sibérie, Salamandrella keyserlingii, fossilisa été découverte dans les couches jurassiques de Sibérie, datant de 167 millions d’années. Cette découverte enrichit notre compréhension de l’évolution des amphibiens au cours du Jurassique moyen. Les paléontologues ont identifié quatre vertèbres fossilisées dans la carrière de Berezovsky, une zone souvent qualifiée de « cimetière animalien raison du nombre élevé de spécimens retrouvésmentireb

Les scientifiques viennent de redonner vie à cette minuscule créature après qu’eut passé 24 000Il ne Ce n’est pas de la science-fiction: Le fossile dégelé a recommencé à bouger. Il a survécu à des conditions ayant anéanti des espèces entières pendant l’âge de glace.

Assez peu connue du grand public, cette espèce de l’ordre des urodèles est pourtant l’un des rares vertébrés capables de survivre entièrement gelé, dans un état de vie suspendue, pendant des mois, voire des années. Lors des hivers sibériens, son corps peut atteindre des températures allant jusqu’à -55 °C, peut-on lire dans MDPI.

Ce phénomène extrême serait fatal pour presque tout autre animal, car la formation de cristaux de glace dans les cellules entraîne généralement la rupture des membranes et la mort des tissus.

Mais la salamandre de Sibérie a développé une solution. Son corps produit du glycérol, une molécule « antigel » qui agit en abaissant le point de congélation de ses liquides corporels. Ainsi, les cellules ne gèlent pas entièrement et l’intégrité des tissus est préservée.

Le temps de l’hibernation

Chaque automne, l’hibernation débute aux alentours de septembre et se prolonge jusqu’à la avril et mai selon les régions. Durant tout ce temps, les salamandres se cachent dans des troncs d’arbres ou autres abris et elles restent figées. Congelées, elles peuvent survivre ainsi plusieurs mois.

Une équipe de scientifiques qui a étudié l’espèce dans le bassin du fleuve Kolyma, a même pu réanimer un individu piégé dans la glace pendant plusieurs années, rapportait NewScientist en 1993. Mais beaucoup de salamandres décèdent malheureusement lorsque les températures sont trop basses.

Les salamandrelles de Sibérie peuvent survivre congelées en produisant un « antigel » naturel. © Nat Geo Animals

Un modèle pour la science du futur

Aujourd’hui, Salamandrella keyserlingii n’est pas considérée comme une espèce menacée. Selon la Liste rouge de l’UICN, elle est classée comme « préoccupation mineure ».

Son incroyable capacité à survivre dans des conditions extrêmes en fait néanmoins un objet d’étude majeur pour les biologistes. Des recherches en cryobiologie pourraient s’inspirer de ses mécanismes naturels pour développer des techniques de congélation de tissus, d’organes, voire de cellules humaines destinées à la médecine.

Laisser un commentaire