Sciences et Avenir
176 pétroglyphes dessinés sur les falaises qui surplombent des lacs éphémères révèlent une occupation intermittente mais régulière du cœur aride de la péninsule Arabique.
Dans le nord de l’Arabie saoudite, aux marges du désert du Néfoud, des parois de falaises surplombant d’anciennes cuvettes temporaires ont été gravées, il y a plus de 12.000 ans, de silhouettes animales. Ces dessins n’avaient rien de décoratif : ils signalaient l’emplacement de mares saisonnières et de passages utiles dans un environnement quasi désertique, mais malgré tout, fréquenté par des groupes humains mobiles.
Un désert vivant par intermittence
Au tournant de l’Holocène, l’intérieur de la péninsule arabique sort à peine d’une période très aride. La région reste sèche, mais des mares et des lacs temporaires se forment dans des dépressions. Les fouilles menées à Jebel Arnaan, Jebel Mleiha et Jebel Misma (trois massifs situés au rebord sud du Néfoud) documentent 62 panneaux et 176 figures, dont 130 sont grandeur nature. Elles représentent majoritairement des camélidés, mais aussi des bouquetins, des équidés, des gazelles et un auroch
La découverte d’un art rupestre remarquable éclaire l’histoire humaine au Moyen-Orient
Certaines gravures mesurent plus de deux mètres
— © Guagnin, Shipton et al. / Nature Communications 2025
Si les preuves matérielles de présence humaine ancienne dans les environnements désertiques de la péninsule arabique sont relativement rares, des archéologues ont récemment découvert un art rupestre monumental, remontant à la fin de la dernière période glaciaire.
Certaines gravures mesurent plus de deux mètres
Jusqu’à présent, l’essentiel des preuves d’occupation humaine y ayant été découvertes remontaient à plus de 25 000 ans, lorsque le climat était plus tempéré, ou antérieures à 10 000 ans, et concentrées près d’oasis.
Réparties dans trois zones jusqu’alors inexplorées (Jebel Arnaan, Jebel Mleiha et Jebel Misma), certaines des oeuvres rupestres récemment décrites avaient été réalisées sur des parois rocheuses très difficiles d’accès, ayant obligé ces artistes préhistoriques à se tenir sur des corniches étroites et exposées.
La mise au jour à proximité de 532 outils en pierre, de pigments et de perles indique quant à elle de probables liens étroits avec des populations vivant dans des parties éloignées du Levant.
