27.09/2025 Découverte du plus vieux fossile humain

La découverte du plus vieux fossile humain redessine l’arbre généalogique de l’Homme _

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Deux os de mâchoire ont été recemment découvert par l’étudiant Chalachew Seyoum, diplômé de l’Université d’Etat d’Arizona.

Ils permettent d’affirmer que les premiers membres du genre humain Homo, qui ont vécu dans la région éthiopienne de l’Afar, étaient finalement plus vieux de 500 000 ans par rapport à que ce qui avait été estimé jusqu’à présent.

De plus ils confirment l’origine de l’Homme se trouve bien en Afrique de l’Est.

Cette annonce rayée par le journal Science, vieillit l’arrivée du genre Homo sur les terres d’Afrique de l’Est de près 500 000 ans, soit il y a 2,8 millions d’années.

Ce qui est intéressant, c’est la proximité de cette nouvelle date avec la dernière apparition de l’Australopithecus afarensis datée , il y a environ trois millions d’années. Cette espèce, capable de marcher debout et dotée d’un petit cerveau, s’est surtout fait connaître avec le squelette de Lucy, que nombre de scientifiques considèrent comme l’ancêtre direct de notre genre.

La région de l’Afar, située dans la Vallée du grand rift africain, avait déjà dévoilé de nombreux autres fossiles d’hominidés – des membres de la famille humaine au sens large .

Parmi les caractéristiques qui permettent au nouveau fossile de revendiquer sa place dans cette longue hisstoireon constate la présence de molaires fineset une certaine forme osseuse de la mandibule – toutes ces caractéristiques étant présentes chez l’espèce Homo moderne.

Toutefois, l’avant de la mâchoire laisse entrevoir une morphologie plus primitive, comme le menton fuyant typique d’A. afarensis.

En admettant que cette mandibule atteste de l’origine du genre Homo en Afrique de l’Est, elle vient aussi remettre en question l’hypothèse d’autres chercheurs, selon laquelle notre plu probable ancêtre direct serait un australopithèque sud-africain,Australopithecus sediba.

Cependant, à l’Université Stony Brook de New York, Fred Grine affirme que d’autres populations d’A. sediba, ou des espèces apparentées, pourraient très bien être plus anciennes. Le site sur lequel la mâchoire a été découverte, était une région de prairies et d’arbustes il y a 2,8 millions d’années, autrement dit très similaire au Serengeti d’aujourd’hui

Les espèces animales présentes à cette même époque indiquent que l’habitat naturel est devenu plus ouvert et aride, ce qui corrobore la thèse d’un changement climatique qui aurait déclenché certaines évolutions au sein de nombreuses lignées animales du moment.

On constate que cette aridité survenue il y a 2,8 millions d’années a eu une incidence sur la faune locale Mais il est encore trop tôt pour avancer que ce changement climatique est responsable de l’apparition du genre Homo. »

Mais c’est la reconstitution d’un fossile Homo plus jeune d’un million d’années, publiée dans le journal Nature, qui vient magnifier cette découverte.

Il s’agit d’une mâchoire ayant appartenu à un spécimen original, ou type, de l’espèce Homo habilis (« l’homme habile ») à côtétés des plus vieux outils taillés dans la pierre connus à ce jour. À noter que des outils bien plus anciens ont depuis été retrouvés en Ethiopie, datant d’au moins 2,6 millions d’années.s

A partir de techniques de tomodensitométrie (TMD) et d’une imagerie 3D à la pointe de la technologie, une équipe menée par Fred Spoor, du University College de Londres, et par l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste, en Allemagne, a pu recréer une version numérique de ce à quoi la mandibule aurait ressemblé à l’époque. De forme fine, avec des rangées de dents parallèles, elle se rapproche davantage de celle de l’australopithèque, les ancêtres humains qui ont précédé le genre Homo.

Une nouvelle reconstitution de ce crâne fossilisé d’Homo habilis, appelé Olduvia Hominid 7, met en évidence des caractéristiques primitives et d’autres, plus modernes, dont un cerveau plus développé que ce qui avait été imaginé par la communauté scientifique, ce qui laisse penser que nous avons affaire à un ancêtre commun de la lignée Homo doté d’un plus grand cerveau.

Bien que plus jeune d’un demi-million d’années que la mâchoire supérieure AL 666-1 retrouvée dans l’Afar, cette mandibule reconstituée des gorges d’Olduvia est clairement plus primitive. Ce qui laisse présumer l’existence d’une « lignée fantôme » d’Homo encore plus primitive, qui aurait vécu il y a plus de 2,3 millions d’années et se serait séparée en deux lignées différentes ensuite.

Étant donné qu’il est peu probable que ces trois espèces contemporaines – Homo habilis, H. rudolfensis et H. erectus – aient développé des cerveaux importants de manière indépendante, cela voudrait dire que leur ancêtre commun avait déjà entamé cette évolution vers un cerveau plus développé, soit bien plus tôt que ce qui avait été imaginé jusqu’à présent. Ceci pourrait rétablir le lien entre l’apparition de cerveaux développés dans la lignée humaine et les premiers outils sculptés dans la pierre..

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