Au jour du 3 septembre 2025 le site Slate a publié un article qui semble impotant dans le traitement de certains cancers. En voici les principaux éléments
Un essai clinique démontre l’efficacité spectaculaire de la thérapie par radioligand: jusqu’à 21% des patients traités ne présentaient plus aucune trace de la maladie après six mois. Une avancée que les oncologues qualifient d’«événement inédit».
Il faudra sans doute encore dix à quinze ans pour bâtir un écosystème global capable d’absorber la demande et en garantir l’efficacité
démnt le monde de la cancérologie: une nouvelle forme de radiothérapie ciblée, la thérapie par radioligand développée par Novartis, a permis d’effacer totalement les traces de cancer chez certains patients en seulement six mois. Les oncologues, parmi lesquels Michael Morris du Memorial Sloan Kettering, un centre de recherche sur le cancer basé à New York, parlent d’un «événement jamais vu», rapporte un article du Financial Times. Et pour cause: jusqu’à 21% des participants ont présenté des scanners exempts de toute maladie après traitement.
Contrairement à la radiothérapie classique, généralement administrée en externe et susceptible d’endommager les tissus sains, la thérapie par radioligand consiste à infuser des radio-isotopes directement dans le sang. Le but est de cibler les récepteurs présents sur les cellules cancéreuses afin de permettre une irradiation ultra sélective et limitant les effets indésirables. Cette technique marque une rupture dans la manière d’aborder les cancers métastatiques, longtemps considérés comme incurables.
La multinationale suisse, pionnière du secteur, s’est imposée grâce au rachat d’Advanced Accelerator Applications –fondée par des chercheurs du CERN– puis de la biotech américaine Endocyte. Ces acquisitions ont permis à Novartis de lancer les traitements Lutathera, destiné aux tumeurs gastro-intestinales, puis Pluvicto contre le cancer de la prostate, avec une homologation américaine en 2022. La société s’est rapidement retrouvée en tête d’une course mondiale à l’innovation, talonnée par d’autres laboratoires comme Lilly, AstraZeneca ou Sanofi.
Le succès de la radiothérapie par radioligand suscite une compétition féroce: de nouveaux acteurs émergent, tout comme les fournisseurs d’isotopes radioactifs, essentiels à la fabrication du médicament. Novartis a sécurisé une part importante de la production mondiale de lutétium, tandis que les concurrents explorent d’autres isotopes comme l’actinium, parfois importés de Russie. Petit détail qui a son importance: le médicament doit être produit, contrôlé et livré à chaque patient en quelques jours à peine, sous peine de perdre en efficacité.
Usines fortifiées et protocoles stricts
Les laboratoires de Novartis à Bâle (Suisse) ont été renforcés par 40 tonnes de plomb pour assurer la sécurité du personnel, qui porte jusqu’à deux dosimètres pour surveiller l’exposition aux radiations. L’administration de la thérapie implique parfois l’isolement des patients dans des chambres plombées, avec une gestion rigoureuse des déchets biologiques radioactifs.
Au-delà du cancer de la prostate, Novartis teste sept autres thérapies par radioligand dans quinze essais cliniques, avec des études préliminaires sur des cancers du poumon, du sein, du pancréas et du côlon. L’entreprise s’efforce de développer des médicaments capables de cibler des mutations génétiques spécifiques présentes dans les tumeurs, afin d’épargner au maximum les cellules saines.
La montée en puissance de Pluvicto, qui a généré près de 1,4 milliard de dollars de ventes en 2024 (1,2 milliard d’euros environ), pourrait porter la valeur du marché à plus de 25 milliards annuels (21,4 milliards d’euros environ), si les promesses sont tenues. Novartis a construit un écosystème de production complexe, avec des sites aux États-Unis, en Europe, en Chine et au Japon, créant un avantage concurrentiel difficile à rattraper pour les rivaux.
L’expansion de la radiothérapie par radioligand, vue comme le futur du traitement du cancer, dépend de plusieurs facteurs: les fonds investis, bien sûr, mais également la formation des cliniciens et l’édification de nouvelles infrastructures hospitalières. Il faudra sans doute encore dix à quinze ans pour bâtir un écosystème global capable d’absorber la demande et démocratiser cette innovation.
Malgré ces obstacles logistiques et réglementaires, Novartis garde une longueur d’avance, estimant être prêt à surmonter la plupart des problématiques industrielles. L’entreprise investit massivement dans la recherche de solutions sur mesure pour chaque type de cancer, marquant une nouvelle frontière dans la médecine nucléaire.
