Sujet proposé par Europe Solidaie
Avenir du régime des mollahs en Iran
Réponses
La question du renversement des mollahs en Iran, c’est-à-dire du régime théocratique de la République islamique instauré en 1979, est complexe et dépend de nombreux facteurs internes et externes. Voici une analyse concise des possibilités et des acteurs potentiels, basée sur les dynamiques historiques, politiques et sociales récenteS
Possibilité d’un renversement
Le régime des mollahs, dirigé par le Guide suprême Ali Khamenei, est confronté à des fragilités croissantes :
Mécontentement populaire : La population iranienne, notamment la jeunesse (60 % de la population a moins de 30 ans), exprime une colère croissante face à la répression, la corruption, la crise économique (inflation, chômage, sanctions internationales) et les restrictions sociales.
Le mouvement « Femme, Vie, Liberté » de 2022, déclenché par la mort de Mahsa Amini, a montré une volonté de défi face au régime, malgré une répression brutale (des centaines de morts, milliers d’arrestations).
](https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/iran-israel-la-peur-du-vide-en-cas-de-chute-du-regime-des-mollahs-2171681)(https://www.lejdd.fr/international/iran-la-revolte-silencieuse-des-femmes-et-des-jeunes-face-au-regime-des-mollahs-150307)
Faiblesse militaire et économique:
Les récentes frappes israéliennes (juin 2025) ont ciblé des infrastructures militaires et nucléaires, tuant des figures clés des Gardiens de la révolution (IRGC), comme Hossein Salami et Mohammad Kazemi. Ces attaques, combinées à des sanctions économiques, ont fragilisé le régime, avec des pénuries d’eau, d’électricité et la fermeture du Bazar de Téhéran]
Isolement diplomatique
L’Iran est de plus en plus isolée, avec des alliés comme la Russie et la Chine offrant un soutien limité. Les tensions avec Israël et les États-Unis réduisent les options diplomatiques du régime
Crise de succession :
À 85 ans, Khamenei est malade, et sa succession (potentiellement son fils Mojtaba) n’est pas consensuelle, ce qui pourrait créer des divisions internes.
Cependant, le régime reste encore solide grâce à
Appareil répressif : Les Gardiens de la révolution et les milices Basij contrôlent le pays et répriment toute dissidence.
https://fr.euronews.com/my-europe/2025/06/14/le-regime-iranien-muselle-les-medias-en-les-menacant-de-la-peine-de-mort)
Soutien d’une base loyaliste : Une partie de la population, notamment les classes les plus pauvres, reste attachée au régime pour des raisons idéologiques ou économiques
.https://esprit.presse.fr/article/vahid-yu-cesoy/renverser-le-regime-des-mollahs-44575) –
Absence d’alternative structurée :
Malgré le mécontentement, l’opposition interne manque d’organisation politique claire, et les groupes en exil sont souvent discrédités.
https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/iran-israel-la-peur-du-vide-en-cas-de-chute-du-regime-des-mollahs-2171681)
Un renversement est donc plausible à moyen ou long terme, mais il requerrait soit un soulèvement populaire massif et coordonné, soit une intervention extérieure, soit une implosion interne (par exemple, des défections dans l’IRGC).
Une guerre prolongée avec Israël pourrait précipiter une crise, mais elle risque aussi de renforcer la rhétorique nationaliste du régime.
https://www.lefigaro.fr/international/en-iran-le-regime-des-mollahs-peut-il-survivre-a-une-guerre-avec-israel-20241009)
Un renversement mais par qui ?
Plusieurs acteurs pourraient jouer un rôle dans un éventuel renversement
1 Le peuple iranien et les mouvements sociaux
Les manifestations de 2009 (Mouvement vert), 2017-2019 (révoltes économiques) et 2022 (« Femme, Vie, Liberté ») montrent une capacité de mobilisation, mais sans leadership structuré. Les jeunes et les femmes sont en première ligne, utilisant les réseaux sociaux pour coordonner leurs actions
https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/iran-israel-la-peur-du-vide-en-cas-de-chute-du-regime-des-mollahs-2171681)[](https://www.nouvelobs.com/monde/20221026.OBS65161/iran-la-liberte-contre-les-mollahs.html) –
Les « unités de résistance », associées à l’opposition en exil, sont actives dans des actions de sabotage, mais leur impact reste limité
https://www.entreprendre.fr/le-mouvement-pour-le-renversement-du-regime-en-iran-depassera-t-il-ses-cent-jours/)(https://x.com/Maryam_Rajavi_F/status/1894854025104732608)
Le manque d’organisation et la répression féroce (peine de mort pour « collaboration » avec l’ennemi) freinent ces mouvements.
https://fr.euronews.com/my-europe/2025/06/14/le-regime-iranien-muselle-les-medias-en-les-menacant-de-la-peine-de-mort)
2 L’opposition en exil :
Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) : Dirigé par Maryam Rajavi, le CNRI prône un Iran démocratique et laïc avec le slogan « ni Chah, ni mollahs ». Il dispose d’un programme structuré, mais son alliance passée avec Saddam Hussein (années 1980) et son image de « secte » limitent son soutien en Iran.[](https://www.20minutes.fr/monde/israel/4159136-20250619-guerre-israel-iran-regime-mollahs-peut-tomber-si-ali-khamenei-tue)[](https://x.com/Maryam_Rajavi_F/status/1876312622905081862)[](https://x.com/Maryam_Rajavi_F/status/1713480643978367097) –
3 Monarchistes : Reza Pahlavi, fils du dernier Chah, appelle à un retour de la monarchie constitutionnelle. Il est soutenu par une partie de la diaspora, mais sa popularité en Iran est faible, et son soutien aux frappes israéliennes en 2025 l’a encore discrédité.
Ces groupes manquent de relais internes et sont souvent perçus comme déconnectés des réalités iraniennes.
(https://www.lesechos.fr/monde/enjeuxinternationaux/iran-israel-la-peur-du-vide-en-cas-de-chute-du-regime-des-mollahs-2171681)
4 Forces internes au régime :
Des défections dans les Gardiens de la révolution ou parmi les élites religieuses pourraient fragiliser le régime, surtout en cas de crise de succession. Des officiers de l’IRGC ont déjà fait défection en 2025
(https://www.revuepolitique.fr/iran-vers-la-fin-du-regime-des-mollahs/)
Une faction réformatrice (comme les modérés proches de l’ancien président Khatami) pourrait émerger, mais elle est marginalisée et manque de pouvoir réel.
4 Acteurs étrangers
Israël : Les frappes israéliennes visent à détruire le programme nucléaire et à déstabiliser le régime. Benyamin Netanyahou a appelé le peuple iranien à se soulever, mais une intervention directe (par exemple, l’assassinat de Khamenei) pourrait provoquer un chaos sans garantir un changement démocratique.
https://www.eurotopics.net/fr/340422/un-renversement-du-regime-iranien-est-il-devenu-possible)[](https://x.com/IranIntl/status/1933959260334940214)
États-Unis : Sous Trump, les États-Unis adoptent une posture de « pression maximale », mais une invasion militaire est improbable, vu les échecs en Irak et en Libye[https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/signes-des-temps/la-republique-islamique-d-iran-quel-avenir-pour-le-regime-8183839]()[](https://x.com/bbcpersian/status/1935080057933906243)
Une intervention étrangère risque de renforcer le régime en galvanisant le sentiment nationaliste, à moins qu’elle ne soit perçue comme libératrice (peu probable).
https://www.20minutes.fr/monde/israel/4159136-20250619-guerre-israel-iran-regime-mollahs-peut-tomber-si-ali-khamenei-tue)
Scénarios possibles
Soulèvement populaire:
Un mouvement comme « Femme, Vie, Liberté », s’il gagne en organisation et en ampleur, pourrait déstabiliser le régime, surtout si l’IRGC est affaibli. Cependant, cela nécessiterait un leadership unifié, absent pour l’instant.
Effondrement interne : Une crise de succession ou des défections massives dans l’IRGC pourraient provoquer une implosion, mais le résultat (démocratie, chaos, ou nouvelle dictature) est incertain.
Changement par la guerre : Une guerre prolongée avec Israël pourrait précipiter la chute du régime, mais au risque d’un « chaos à l’irakienne », comme l’a averti Emmanuel Macron.
https://www.20minutes.fr/monde/israel/4159136-20250619-guerre-israel-iran-regime-mollahs-peut-tomber-si-ali-khamenei-tue) –
Transition négociée : Peu probable, mais une faction modérée pourrait émerger en cas de pression interne et externe, bien que le régime rejette toute réforme significative.
Conclusion
Le renversement des mollahs est possible, mais pas imminent. Le peuple iranien, en particulier la jeunesse, est le principal moteur potentiel, mais il manque d’organisation et fait face à une répression brutale. Les groupes d’opposition en exil, comme le CNRI ou les monarchistes, ont des programmes mais peu de soutien interne. Une intervention étrangère (Israël, États-Unis) pourrait accélérer la chute, mais au risque d’un chaos.
La clé réside dans une convergence entre un soulèvement populaire, des divisions internes au régime, et un soutien international ciblé (sanctions, pression diplomatique) sans intervention militaire directe. Pour l’instant, le régime est affaibli mais conserve des leviers de survie.
(https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/iran-israel-la-peur-du-vide-en-cas-de-chute-du-regime-des-mollahs-2171681)(https://www.eurotopics.net/fr/340422/un-renversement-du-regime-iranien-est-il-devenu-possible)
