01/05/2025 De tous les endroits sur Terre où aurait pu s’écraser un astéroïde, la péninsule du Yucatán était vraisemblablement la plus mal choisie

C’est du moins ce qu’indique une nouvelle étude sur la collision survenue il y a 66 millions d’années entre un astéroïde de 12 kilomètres de diamètre et l’océan bordant aujourd’hui la ville portuaire de Chicxulub, au Mexique. L’impact a provoqué la disparition soudaine des dinosaures, décimant une grande partie de ces créatures et 75 % de toute forme de vie terrestre.

D’après une étude parue en 2017, dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract la collision de l’astéroïde avec une sorte de poudrière pétrolière serait à l’origine de ce phénomène d’extinction de masse. La suie ainsi libérée dans l’atmosphère aurait alors provoqué un refroidissement climatique extrême. Selon les résultats de l’étude, la température de la planète se serait située entre -10 °C et -8 °C après l’impact, avec une chute oscillant entre -8 °C et -1 °C sur les sols.

Seuls 13 % de la surface terrestre sont composés de roches susceptibles de libérer une telle quantité de suie, comme l’indique l’équipe responsable de l’étude. En d’autres termes, les dinosaures non aviaires auraient bien pu ne pas disparaître si l’astéroïde avait suivi une autre trajectoire

Rappelons que le Crétacé s’est terminé il y a 66 millions d’années avec de grandes éruptions volcaniques en Inde et l’impact d’une météorite de 10 kilomètres de diamètre dans le golfe du Mexique (formant le cratère de Chicxulub).

Chacun des deux événements est isolément potentiellement catastrophique, mais celui qui a finalement tué les dinosaures non aviaires est longtemps resté une énigme.

Une équipe de chercheurs internationaux, au sein de laquelle on trouve Sietske Batenburg (Géosciences Rennes), a publié en janvier 2020 dans la revue Science (Hull et al., 2020) des résultats originaux qui permettent d’éclairer les circonstances du cataclysme planétaire en précisant la chronologie des évènements.

L’évaluation de leur importance relative – volcanisme vs astéroïde – est compliquée du fait de l’incertitude concernant la datation précise du dégazage volcanique. Pour y voir plus clair, les chercheurs ont utilisé la modélisation du cycle du carbone et les enregistrements de paléotempérature pour se concentrer sur la datation de la période du dégazage volcanique. Ils ont ainsi constaté que les principaux dégazages commencent et se terminent nettement avant l’impact.

Bien que le volcanisme ait provoqué un réchauffement climatique important en augmentant sensiblement l’effet de serre, les conclusions de l’étude montre que celui-ci s’est terminé 200 000 ans avant la fin du Crétacé. C’est donc l’impact de l’astéroïde – coïncidant avec l’extinction de masse – qui constitue par conséquent la principale cause de la disparition des dinosaures.

Si cet événement ne s’était pas produit, les dinosaures auraient vraisemblablement évolués sous la forme de créatures dotées d’un intelligence comparable celle de l’homme. Ils se seraient dotés de plus gros cerveaux capables d’une intelligence analogue à l’intelligence humaine, sinon supérieure.

Les mammifères précurseurs de l’homme seraient restés ce qu’ils étaient, de gros rats rampant entre les pattes des géants

Voir aussi Rethinking Diosaurs’ decline Newscientist 19 april 2025 p.15

Références

nature

Published: 09 November 2017

Site of asteroid impact changed the history of life on Earth: the low probability of mass extinction

Scientific Reports volume 7, Article number: 14855 (2017)

Abstract

Sixty-six million years ago, an asteroid approximately 9 km in diameter hit the hydrocarbon- and sulfur-rich sedimentary rocks in what is now Mexico. Recent studies have shown that this impact at the Yucatan Peninsula heated the hydrocarbon and sulfur in these rocks, forming stratospheric soot and sulfate aerosols and causing extreme global cooling and drought. These events triggered a mass extinction, including dinosaurs, and led to the subsequent macroevolution of mammals. The amount of hydrocarbon and sulfur in rocks varies widely, depending on location, which suggests that cooling and extinction levels were dependent on impact site. Here we show that the probability of significant global cooling, mass extinction, and the subsequent appearance of mammals was quite low after an asteroid impact on the Earth’s surface. This significant event could have occurred if the asteroid hit the hydrocarbon-rich areas occupying approximately 13% of the Earth’s surface. The site of asteroid impact, therefore, changed the history of life on Earth.

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