07/04/2025 Des pistes de dinosaures retrouvées en Écosse

Sur l’île écossaise de Skye, des centaines d’empreintes fossilisées témoignent du passage de dinosaures du Jurassique au cœur de lagunes aujourd’hui disparues.

Parfois qualifiée de « Jurassic Park des Hébrides« , l’île de Skye (nord-ouest de l’Écosse) justifie aujourd’hui pleinement ce titre avec la découverte de 131 nouvelles empreintes de dinosaures. Mesurant entre 25 et 60 centimètres, ces traces fossilisées géantes révèlent les sentiers empruntés il y a environ 167 millions d’années par les théropodes carnivores et des sauropodes herbivores au long cou

Cette découvertes remontant au Jurassique moyen est détaillée dans la revue PLOS One le 2 avril 2025. Nous en publions ci-dessous le résumé.

Il y a environ 167 millions d’années, la région de l’actuelle l’île de Skye, au climat océanique, était très différente : le climat y était subtropical. Aucune empreinte d’autres spécimens tels que les stégosaures –grands herbivores quadrupèdes aux grandes plaques osseuses sur le dos – ou les ornithopodes herbivores souvent bipèdes parfois dotés de crêtes ou de becs en forme de canard – n’y a été retrouvée.

Pour les auteurs de l’étude, ces traces offrent de précieux indices sur la répartition géographique et les comportements des théropodes et sauropodes de l’île de Skye durant une période clé de leur évolution, le Jurassique moyen, où les grands groupes de dinosaures étaient en pleine diversification.

L’équipe du paléontologue Tone Blakesley, de l’université d’Édimbourg (Écosse), a identifié deux types d’empreintes sur le site du Prince Charles’s Point : des traces tridactyles (à trois doigts), laissées par des théropodes bipèdes ; d’autres, plus rondes, de taille comparable à un pneu, réalisées par des sauropodes quadrupèdes.

En comparant leurs formes avec celles de fossiles déjà décelés au Royaume-Uni, les chercheurs estiment qu’elles pourraient avoir été réalisées respectivement : par des bêtes similaires au Megalosaurus, mesurant entre 7 à 9 mètres de long ; et par des membres précoces du groupe des néosauropodes, comme le Cetiosaurus, atteignant les 15 à 18 mètres de long.

Beaucoup des traces indiquent que les animaux se déplaçaient à des allures lentes, sans direction ou interaction cohérente ; ils évoluaient donc tranquillement et à des moments légèrement différents.

En outre, le site présente une plus grande proportion d’empreintes de théropodes que sur d’autres sites similaires. Sur Skye, ces dinosaures semblaient préférer les environnements lagunaires peu submergés aux zones de vase partiellement humides, accessibles à marée basse.

Aucune empreinte d’autres spécimens tels que les stégosaures – ces grands herbivores quadrupèdes aux grandes plaques osseuses sur le dos – ou les ornithopodes – ces herbivores souvent bipèdes parfois dotés de crêtes ou de becs en forme de canard – n’a été retrouvée. Il demeure toutefois difficile de savoir s’ils étaient véritablement absents de cet environnement… ou s’ils n’y ont pas laissé leurs marques.

Pour les auteurs de l’étude, ces sillages offrent de précieux indices sur la répartition géographique et les comportements des théropodes et sauropodes de l’île de Skye durant une période clé de leur évolution, le Jurassique moyen

  • Référence
  • A new Middle Jurassic lagoon margin assemblage of theropod and sauropod dinosaur trackways from the Isle of Skye, Scotland
  • Tone Blakesley and others,

Although globally scarce, Middle Jurassic dinosaur tracks are known from the Isle of Skye, Scotland, and help indicate the palaeoenvironmental preferences and behaviour of major dinosaur clades. Here, we report an extensive new tracksite from Skye: 131 in-situ dinosaur tracks at Prince Charles’s Point on the Trotternish Peninsula. The tracks occur in multiple horizons of rippled sandstones of the Late Bathonian aged Kilmaluag Formation, part of the Great Estuarine Group, which formed in a locally, shallowly submerged lagoon margin. We assign these tracks to two morphotypes, further divided into four morphotype subgroups, most likely representing large megalosaurid theropods, and sauropods that are either non-neosauropods or basal neosauropods. The trackways, although relatively short, evidence time-averaged milling behaviour, as observed at other tracksites in the Great Estuarine Group. The presence of sequential manus and pes sauropod tracks amends their previous identification by geologists as fish resting burrows, raising the potential that other such structures locally and globally may in fact be dinosaur tracks, and emphasises the predominant occurrence of sauropods in lagoonal palaeoenvironments in the Great Estuarine Group. At Prince Charles’s Point, however, unlike previously described lagoonal assemblages, large theropod trackmakers are more abundant than sauropods.

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