Des scientifiques ont franchi un jalon important sur la voie de la fusion nucléaire en maintenant un plasma pendant plus de 22 minutes – un record – dans le réacteur opéré par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Cadarache (Bouches-du-Rhône), a annoncé l’organisme mardi. Un résultat qui améliore de 25 % le précédent record de durée, obtenu par le tokamak chinois East, il y a quelques semaines.
Promesse d’une énergie propre, sûre, peu coûteuse et quasi inépuisable, la fusion nucléaire fait l’objet de recherches fondamentales depuis des décennies. Elle consiste à reproduire les réactions qui se produisent au cœur des étoiles, en assemblant deux noyaux d’atomes dérivés de l’hydrogène. C’est le processus inverse de la fission, utilisée dans les centrales nucléaires actuelles, qui consiste à casser les liaisons de noyaux atomiques lourds.
Le tokamak West du CEA est parvenu à maintenir un plasma pendant plus de 22 minutes le 12 février. Il bat ainsi très largement le record précédent de durée de plasma obtenu dans un tokamak. Cette avancée démontre que la connaissance des plasmas et leur maîtrise technologique sur de longues durées sont devenues bien plus matures, laissant espérer que des plasmas de fusion puissent être stabilisés sur de longues durées dans des machines comme Iter.
Communiqué du CEA
Le tokamak West du CEA est parvenu à maintenir un plasma pendant plus de 22 minutes le 12 février. Il bat ainsi très largement le record précédent de durée de plasma obtenu dans un tokamak. Cette avancée démontre que la connaissance des plasmas et leur maîtrise technologique sur de longues durées sont devenues bien plus matures, laissant espérer que des plasmas de fusion puissent être stabilisés sur de longues durées dans des machines comme Iter.
Un projet scientifique futuriste et sans précédent est en plein essor à Cadarache, au cœur de la Provence. Réunissant des pays peu habitués à collaborer comme l’Inde, la Chine, la Russie, les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et l’Europe, le consortium ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) construit pièce par pièce ce qui deviendra peut-être le prototype de l’énergie de demain.
Plutôt que fissionner les atomes lourds comme l’uranium, ITER va fusionner des atomes légers dérivés de l’hydrogène. Avec pour perspectives des ressources illimitées (l’hydrogène est abondant et gratuit) et l’absence de déchets radioactifs qui posent problème aux centrales actuelles, l’énergie de fusion pourrait bouleverser le lancinant problème de l’énergie.
Atteindre une telle durée est un jalon essentiel pour des machines comme Iter, qui devront maintenir des plasmas de fusion pendant plusieurs minutes. Il faut en effet maîtriser le plasma, instable par nature, et s’assurer que les composants placés face à lui sont capables de supporter ses rayonnements, sans dysfonctionner ni le polluer.
Ce sont deux des objectifs que se fixent les chercheurs du CEA et qui expliquent le record actuel.
Dans les prochains mois, l’équipe de West compte prolonger ses efforts, en atteignant de très longues durées de plasma, de l’ordre de plusieurs heures cumulées, mais aussi en chauffant ce plasma à encore plus haute température pour se rapprocher au mieux des conditions attendues dans les plasmas de fusion.
