25/01/2025 La Terre est-elle entrée dans une période d’hyperthermie analogue à celles qu’elle a déjà connues il y a des millions d’années ?

Le phénomène ne serait pas nouveau. De plus en plus de scientifiques expliquent que la Terre a déjà connu quatre périodes d’hyperthermie. Ces périodes de réchauffement seraient dues à des émissions de dioxyde de carbone (CO2) provenant des réservoirs de carbone océaniques.

Au cours du Paléocène et de l’Éocène (il y a entre 65 et 34 millions d’années), la Terre a effectivement connu de nombreuses périodes de réchauffement qui se sont déclenchées très rapidement et ont duré des dizaines de milliers d’années. Les dernières en date se sont arrêtés lorsque la Terre est entrée dans une phase de refroidissement il y a quelques millions d’années.

La période de réchauffement la plus étudiée est appelée le maximum thermique du Paléocène-Éocène (ou PETM pour Palaeocene-Eocene Thermal Maximum). Il y a 56 millions d’années, les températures mondiales ont augmenté de 4 à 7° C. Le PETM aurait été provoqué par l’émission de gaz à effet de serre provenant de sédiments déplacés par des mouvements océanique côtiers dus à de légères variations dans son axe de rotation. Lorsque cette période s’est terminée, il a fallu quelque 200 000 années pour que les températures retournent à la normale.

D’autres périodes de réchauffement moins drastiques, connues sous le nom d’événements hyperthermique, se sont caractérisés par une augmentation de température de 2 à 3° C et ont duré en moyenne près de 40 000 années.

Les analyses récentes ont indiqué que ces événements étaient beaucoup plus fréquents que les estimations scientifiques précédentes ne l’affirmaient, et qu’ils se déroulaient toutes les 100 000 à 400 000 années. Le dernier épisode hyperthermique moyen s’est étendu sur au moins 10 000 années, ce qui est très rapide en termes géologiques, mais il a fallu plus de 30 000 années pour que les températures retournent à la normale.

De plus, alors que le PETM avait été provoqué par des émissions de gaz à effet de serre provenant des sédiments, la courte durée des autres épisodes hyperthermiques indique qu’ils sont induits par un mécanisme différent.  Les chercheurs pensent que l’échange de carbone entre l’atmosphère et les océans y serait pour quelque chose. Les fonds des océans représentent d’importants réservoirs de carbone; les changements au niveau de la circulation océanique pourraient avoir provoqué une accumulation de CO2 dans les fonds marins. La libération de ce carbone déclencherait l’épisode hyperthermique.

La durée moyenne des épisodes hyperthermiques, qui est d’environ 40 000 années , a conduit les scientifiques à penser qu’ils étaient provoqués par les changements au niveau de l’inclinaison de l’axe de la Terre. L’axe terrestre est légèrement incliné, et il oscille entre 22,1° C et 24,5° pendant des cycles qui peuvent durer 40 000 années.

Les chercheurs sont arrivés à ces conclusions après l’étude de sédiments prélevés le long de la côte de l’Amérique du Sud. Dans ces carottes de sédiments boueux vert clair, les périodes chaudes sont représentées par des couches de sédiments gris riches en argile provenant des débris de squelettes ou de coquilles calcaires des organismes microscopiques dissous dans le sol marin. Au cours de ces périodes, l’océan était encore plus acide qu’aujourd’hui car il absorbait le dioxyde de carbone transformé en acide carbonique.

Ceci ne signifie pas qu’il faudrait renoncer à lutter contre l’actuel réchauffement. Mais cette lutte n’aura que des effets marginaux. Remplacer les moteurs thermiques par des moteurs électriques est aujourd’hui indispensable, mais pour d’autres raisons que celles de refroidir la planète.

Référence

https://www.notre-planete.info/actualites/2749-Terre_rechauffement_climatique_passe

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