Les géographes nomment Doggerland une terre émergée qui au début de l’Holocène il y a 12 000 ans faisait la jonction entre l’actuel Royaume-Uni et le nord de l’Europe. Cette terre est devenue il y a 7 000 ans le Dogger Bank, un grand banc de sable d’une superficie de 17 600 km² encore présent aujourd’hui.
Situé à dix-huit mètres sous la surface de la mer du Nord, le Doggerland est aujourd’hui considéré comme étant un plateau continental submergé. Certaines études passées décrivaient cette terre comme étant à l’époque un lieu de passage, mais pour l’archéologue Vincent Gaffney de l’Université de Bradford (Royaume-Uni), il s’agissait plutôt d’un véritable lieu de vie.
Le Doggerland disposait en effet d’eau, de nourriture et d’autres ressources dont les populations préhistoriques avaient besoin pour survivre. Des os de mammifères (élans, loups, mammouth, etc.) ont été trouvés par des chalutiers au large des côtes britanniques à l’époque victorienne (1837-1901). Par la suite, des archéologues ont retrouvé de nombreux artéfacts préhistoriques sur les plages de la région.
La disparition du Doggerland est probablement due à des mouvements tectoniques locaux ayant entraîne une montée des eaux sur certaines côtes de la Mer du Nord. Mais elle est considérée aujourd’hui comme emblématique de ce qui se produira dans ces régions à la suite du réchauffement climatique
La bataille du Dogger Bank
Le tableau est moins souriant. Le Dogger Bank a vu s’affronter le 24 janvier 1915 les navires de la Royal Navy britannique et ceux de la marine impériale allemande. Le 23 janvier 1915, une escadre de trois croiseurs de bataille allemands (le Derfflinger, le Moltke et le Seydlitz) et d’un croiseur cuirassé, le Blücher dirigée par l’amiral Franz von Hipper, accompagnée d’un destroyer, d’un croiseur léger et d’un dirigeable, part attaquer les ports et la flotte de pêche britanniques.
Néanmoins, les Britanniques ont déjà dépêché des navires de guerre sous les ordres du vice admiral Sir David Beatty depuis Scapa Flow dans les Orcades, au nord de l’Écosse, d’où il est plus facile d’empêcher toute incursion allemande en mer du Nord. Grâce à l’interception des communications radio allemandes, les Britanniques sont informés du raid de Hipper.
Le 24 janvier, Beatty et Hipper se rencontrent au large du Dogger Bank, au milieu de la mer du Nord. Hipper, surpris par les Britanniques, ordonne le repli, mais il est vite rattrapé par les navires de guerre de Beatty, plus rapides et plus puissamment armés, qui ouvrent le feu vers 9 heures1. À 9 h 30, le Seydlitz reçoit un obus qui détruit sa tourelle arrière, le bâtiment n’est sauvé que par le noyage du compartiment. Le Blücher est lui aussi fortement endommagé par les obus britanniques. Avec quatre navires encore en course, Beatty pour sa part espère une victoire décisive : le HMS Indomitable est chargé d’achever le Blücher tandis que les trois autres navires doivent poursuivre Hipper.
Mais une erreur de transmission va assurer le salut des survivants allemands : vers onze heures, peu de temps avant de transférer son pavillon sur le Princess Royal, Beatty donne deux ordres successifs par pavillon. Le premier est un changement de cap, « route au nord-est », à la suite de l’observation d’un périscope, qui lui fait craindre un piège sous-marin. Or ce signal n’est pas reçu avant la transmission suivante qui ordonnait d’attaquer l’arrière garde ennemie. Les deux signaux reçus ensemble furent interprétés comme l’ordre d’attaquer l’ennemi dans le nord-est, position où se trouvait le Blücher. Le contre-amiral Archibald Moore envoya donc le Princess Royal, le Tiger et le New Zealand aider l’Indomitable à la destruction du Blücher. Le temps que Beatty embarque sur le Princess Royal et modifie l’ordre, Hipper avait disparu à l’horizon.
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