08/11/2024 Le spatial en France

Aujourd’hui il est clair que pour Donald Trump la France est devenue définitivement une puissance secondaire. Le peu d’indépendance que manifesterait la France lui serait probablement indifférent.

Les circonstances sont donc favorables pour qu’un gouvernement français définisse des politiques qui seraient indispensables pour que la France reste au rang des grandes puissances durant le 21e siècle.

Le premier domaine à prendre en considération est celui de l’espace. Il serait impensable que le spatial proche ou lointain reste un monopole des Etats-Unis bientôt rejoints par la Chine.

On sait que la France est présente dans l’espace avec le lanceur Ariane , dont les versions successives ont amélioré les performances initiales déjà remarquables..

Aujourd’hui, ArianeGroup met la dernière main à une version rajeunie de la fusée Ariane dite Ariane 6 . Peu après son vol inaugural réussi, le 9 juillet, Ariane 6 dotée de deux boosters se prépare pour son second décollage, qui sera aussi sa première mission militaire. En décembre 2024, elle devra placer en orbite basse le satellite militaire CSO-3 pour le compte du ministère des Armées.

Dans le domaine du spatial militaire les 3 satellites militaires d’observation français dits CSO ont donné de bons résultats. La CSO ou Composante spatiale optique  est une série de trois satellites de reconnaissance optique faisant partie du programme d’armement français MUSIS (Multinational Space-based Imaging System). Déployés entre 2018 et 2024, ils devront succéder, avec des performances accrues, aux satellites de la génération précédente, Helios 2.

https://en.wikipedia.org/wiki/Composante_Spatiale_Optique

Les satellites CSO (Composante Spatiale Optique) du programme MUSIS (Multinational Space-based Imaging System) sont des satellites d’observation militaire dédiés à la Défense française et à ses partenaires. Ils apporteront au système Hélios 2 arrivé en fin de vie un gain capacitaire très substantiel.

La constellation CSO comprendra à terme 3 satellites optiques qui, placés sur des orbites polaires d’altitude différente, répondront à une double mission : une mission dite « Reconnaissance » remplie depuis l’altitude de 800 km et privilégiant les capacités de couverture, d’acquisition sur théâtre et de revisite ; une mission dite « Identification » remplie depuis l’altitude de 480 km et permettant d’atteindre un plus haut niveau de résolution, de qualité d’image et de précision d’analyse.

La charge utile des satellites CSO permet l’acquisition d’images à très haute résolution dans les domaines visible et infrarouge (de jour et de nuit) et dans une variété de modes de prise de vue permettant de répondre à un large spectre de besoins.

Les satellites sont de conception identique. Il s’agit de plateformes manœuvrantes, dont l’architecture est en partie héritée de Pléiades et qui leur confère une autonomie et une souplesse d’emploi élevées malgré une masse de 3,5 tonnes. De plus les satellites CSO disposent d’une capacité inédite de contrôle d’orbite autonome à bord pour les fonctions de maintien à poste.

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Dans un domaine différent, l’obusier français CAESAR est désormais connu dans le monde entier https://www.defense.gouv.fr/terre/nos-materiels/nos-equipements-terre/nos-vehicules/vehicules-dartillerie/caesar-camion-equipe-dun-systeme

Rappel

Un accord trilatéral sur le futur de la politique spatiale européenne

07/11/2023

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique et ses homologues allemand et italien ont réaffirmé l’ambition européenne dans le domaine de l’exploration spatiale lors d’une déclaration commune à Séville le 6 novembre 2023.

©Jelena Dautova – stock.adobe.com

Fruit d’une négociation de six mois, l’accord trilatéral confirme la détermination de la France, de l’Allemagne et de l’Italie à garantir l’accès indépendant européen à l’espace. En préservant l’unité européenne autour des enjeux spatiaux, l’Europe réaffirme son ambition de rester l’une des grandes puissances spatiales du 21e siècle. L’accord porte sur la fusée Ariane 6 et sur le futur des lanceurs européens au cours de la prochaine décennie.

Soutenir les programmes Ariane 6 et Vega C

Dans un contexte de forte concurrence, en particulier des États-Unis qui déploient des lanceurs très compétitifs avec un soutien public massif, l’accord trilatéral ouvre une nouvelle ère pour les lanceurs européens.

À commencer par la garantie d’assurer l’équilibre économique d’Ariane 6, le seul lanceur lourd capable d’assurer un accès autonome de l’Europe à l’espace. À partir de 2026, le programme Ariane bénéficiera d’un financement de 340 millions d’euros par an en contrepartie d’une baisse de prix des industriels de l’ordre de 11 %.

Au-delà du financement, l’équilibre économique d’Ariane 6 repose sur le nombre de lancements. L’accord prévoit ainsi quatre lancements institutionnels par an d’Ariane 6 d’ici 2030 qui viennent s’ajouter aux 27 lancements déjà contractualisés. Ces 42 lancements programmés vont garantir la solidité du modèle économique de la fusée pour la décennie.

En parallèle, la déclaration commune des trois pays européens et la résolution de l’ESA prévoient le retour en vol du lanceur Vega C. Ce lanceur léger se verra confier un minimum de trois missions institutionnelles européennes par an.

Développer une compétition européenne sur les nouveaux lanceurs

Un second élément de l’accord valide le principe d’une compétition européenne sur les nouveaux lanceurs, en particulier sur les mini-lanceurs. Il s’agit d’un tournant majeur dans l’histoire spatiale européenne.

Ainsi, le choix des futurs lanceurs se fera désormais sur la base d’une compétition entre projets. Ce choix est conforme à la décision prise par le président de la République lors du lancement du plan d’investissement France 2030 qui prévoit une enveloppe de 1,5 milliards d’euros dédiée au spatial.

Cette mise en concurrence avec des règles communes ouvre le marché des nouveaux lanceurs à des TPE et PME françaises, allemandes et italiennes. Elle contribuera à développer les technologies les plus innovantes, des innovations de rupture et des prix compétitifs.

Réaffirmer l’ambition européenne dans l’exploration spatiale

L’ambition spatiale européenne ne se limite pas aux lanceurs et aux satellites, elle a vocation à rester une grande puissance en matière d’exploration de l’espace. Les trois nations européennes souhaitent également participer et préparer les futures étapes d’exploration robotique et habitées de la Lune et de Mars.

La France, l’Allemagne et l’Italie font le choix de modèles innovants d’achats de services en soutenant la mise en place de cargos réutilisables en orbite basse. Ces cargos permettront de livrer du matériel ou des passagers en orbite et de retourner sur Terre.

Enfin, les ambitions européennes peuvent compter sur le centre spatial guyanais qui sera mis au service de la stratégie d’accès indépendant de l’Europe à l’espace. Ce « port spatial » de classe mondiale, qui accueille Ariane 6, pourra être utilisé pour Vega C et les nouveaux lanceurs.

Presse

Communiqué-Accord entre la France, l’Allemagne et l’Italie sur la 

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