Si votre fille vous disait qu’elle envisageait, ses études terminées, de s’engager dans l’armée française , lui demanderiez vous si elle se rendait bien compte de ce qu’elle risquait, non pas du fait des truands de divers origines mais du fait du personnel militaire masculin ?
Au cours d’une audition à l’Assemblée, le député LFI Bastien Lachaud a énuméré plusieurs chiffres relatifs aux violences sexuelles et sexistes (VSS) commises dans l’armée française. Il a expliqué qu’un viol était ainsi commis tous les 15 jours, ou bien encore qu’une femme sur trois dans l’armée avait été victimes de violences sexuelles et sexistes.
Ces données proviennent de sources officielles. Notons toutefois qu’en ce qui concerne les viols, il ne s’agit ici que des actes ayant fait l’objet de signalements..
Que sait-on de la fiabilité de ces données ? Au cours de son intervention, le député n’a pas précisé leur origine. Sollicité par TF1info, il a expliqué s’être appuyé sur les éléments fournis par la cellule Thémis, créée en 2014 par le ministère des Armées et dont il regrettait le manque de moyens
Le rôle de Thémis est de recueillir les signalements de harcèlement sexuel, de violences sexuelles, d’outrages sexistes et de discriminations de toute sorte, ainsi que de veiller au bon traitement des victimes.
Ces données proviennent donc de sources officielles. Notons toutefois qu’en ce qui concerne les viols, il ne s’agit ici que des actes ayant fait l’objet de signalements.
Rappelons qu’en 2014, le ministère des Armées avait créé la cellule Thémis, permettant aux agents victimes de harcèlement sexuel, de violences sexuelles et de discriminations à caractère sexuel, de saisir, par son intermédiaire, l’autorité hiérarchique compétente pour un traitement de leur situation. Depuis le 31 août 2021, le champ de compétence de la cellule est élargi aux discriminations de toute nature.
En 2023,Thémis a comptabilisé 220 signalements pour violences sexuelles, dont 28 viols et 73 pour des agressions sexuelles. Ces 28 viols, rapportés à l’échelle d’une année, correspondent peu ou prou à un cas tous les 13 jours, comme évoqué par le député.
Devant le signalement de tels faits, certaines voix s’élèvent pour expliquer que l’armée étant majoritairement composée de personnels masculins, et que ceux-ci n’ayant pas toujours la possibilité de satisfaire leurs besoins sexuels à l’extérieur, il fallait bien qu’ils le fassent dans l’exercice de leurs fonctions, même si cela signifiait imposer des violences sexuelles et sexistes au personnel féminin disponible.
Qu’en est-il de la Gendarmerie Nationale qui emploie beaucoup de femmes, comme le montrent les actualités télévisuelles. Rappelons que la Gendarmerie nationale est une force armée française chargée de missions de police, en particulier dans les zones rurales et périurbaines et sur les voies de communication. Elle est sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, mais est placée sous l’autorité du ministère des Armées pour l’exécution de ses missions militaires.
Est-elle aussi soumise au contrôle de la cellule Thémis mentionnée ci-dessus ?
