19/10/2024. Les plantes et le refroidissement climatique à la fin de l’ordovicien


Les fossiles indiquent que les premières plantes à pousser sur terre sont apparues il y a 475 millions d’années, au cours de la période ordovicienne. On ne dispose que de restes fossilisés de petits fragments de plantes, mais on ne sait  pas comment les morceaux s’assemblent .

 Cependant on peut dire sans risque de se tromper que ces plantes étaient très petites et ressemblaient probablement aux hépatiques et aux mousses, leurs plus proches parents vivants.

Le climat a radicalement changé à la fin de l’Ordovicien. On est passé d’un climat plus chaud qu’aujourd’hui (sans glace) à une période glaciaire. Les périodes glaciaires sont assez rares dans l’histoire de la Terre et ce qui a donné naissance à la glaciation ordovicienne a toujours été un mystère.

Cependant alors que l’augmentation de la quantité de dioxyde de carbone provoque le réchauffement climatique, l’élimination du dioxyde de carbone de l’atmosphère provoque un refroidissement global.

 L’un des principaux mécanismes d’élimination du dioxyde de carbone de l’atmosphère est l’altération des silicates : la réaction chimique entre les minéraux silicatés des roches et le dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

L’hypothèse selon laquelle les plantes non vasculaires (mousses) augmentent les taux d’altération des silicates a été testée. Or ces plantes simples augmentent effectivement l’altération des minéraux silicatés. Ces mesures des taux d’altération des silicates ont été incorporées dans les  modèles informatiques du climat de la période ordovicienne.

Ceci a montré  que l’apparition des premières plantes terrestres à l’Ordovicien aurait bien provoqué une diminution spectaculaire du dioxyde de carbone atmosphérique. Ceci  aurait provoqué un refroidissement climatique et contribué au déclenchement de l’ère glaciaire de la fin de l’Ordovicien. 

Rappelons que les plantes jouent un rôle essentiel dans les systèmes climatiques en extrayant le dioxyde de carbone de l’atmosphère de deux manières : tout d’abord, les plantes effectuent la photosynthèse, qui convertit le dioxyde de carbone en biomasse végétale laquelle stocke le carbone. Ensuite, les plantes augmentent les taux d’érosion des silicates. Cette réaction chimique décompose les roches, et ce faisant, éliminent le dioxyde de carbone de l’atmosphère.

On savait  que le refroidissement spectaculaire de la planète il y a 300 à 200 millions d’années était le résultat de l’évolution de grandes plantes dotées de grands systèmes racinaires qui ont provoqué de grands changements dans ces deux processus.  

Mais l’apparition des premières plantes terrestres a eu un effet bien plus tôt, soit 100 millions d’années plus tôt.

Aujourd’hui la disparition de vastes zones de végétation, qui servent de réservoirs de carbone, augmentera les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère et provoquera des changements climatiques pouvant être dramatiques.

Les plantes ont un rôle régulateur central dans le contrôle du climat : elles l’ont fait hier, elles le font aujourd’hui et elles le feront certainement à l’avenir. Si nous continuons à détruire la végétation de la Terre, en abattant des forêts et en asséchant des zones humides, nous subirons un changement climatique dramatique : l’opposé d’une ère glaciaire. C’est ce qu’on appelle le réchauffement climatique.

Adapté de

Nature
First plants cooled the Ordovician
https://www.nature.com/articles/ngeo1390
Nature Geoscience volume5, pages 86–89 (2012)

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