Le dolmen de Menga est situé à un kilomètre au nord-est de la ville d’Antequera, à quelques mètres seulement du dolmen de Viera. Avec ce dernier et celui d’El Romeral, ils forment le site de dolmens d’Antequera, un site inscrit au patrimoine de l’Humanité de l’Unesco depuis 2016..
À la fin du XVIe siècle, l’existence et l’ancienneté du site sont déjà connues. En 1587, dans un manuscrit intitulé Discursos Históricos de Antequera, l’ecclésiastique Agustín de Tejada Páez mentionne « une grotte qui s’appelle Menga, et une autre qui a été découverte il y a peu de temps, qui se trouvent à la périphérie de la ville, en direction de Grenade ». Selon Tejada Páez ces « grottes » (la seconde pourrait être le dolmen de Viera) étaient « faites à la main et devaient être des temples nocturnes où les gentils venaient la nuit pour faire des sacrifices ». Son neveu, Francisco de Tejada y Nava y voyait « l’œuvre d’êtres surnaturels dans laquelle les hommes accomplissaient des sacrifices ou des rituels démoniaques »1.
L’archéologue Rafael Mitjana mentionne qu’il a visité le monument à 25 reprises entre le 17 avril 1842 et la publication de son ouvrage Memoria en 1847. Conscient de l’importance scientifique du monument, qui n’avait jamais été jamais été reconnue auparavant, il ordonna de le nettoyer et d’en clôturer l’entrée. Le succès de son ouvrage Memoria a contribué à la notoriété internationale du dolmen.
En 1852, la voyageuse britannique Louisa Tenison lors de son voyage dans le sud de l’Espagne fit un déplacement à Antequera pour visiter le monument. En 1885, le roi Alphonse XII, qui parcourait la province de Malaga à la suite du grave tremblement de terre qui a frappé la région, a visité le site et ordonneé qu’il soit déclaré monument national, ce qui fut fait le 1er juin 1886.
C’est peut-être le monument mégalithique le plus célèbre d’Espagne. Il aurait été érigé entre – 3600 et – 3680 bp. Son toit est constitué de 32 dalles de pierre. Le poids de la plus lourde est estimé à plus de 30 tonnes ; trois fois plus que la plus grande érigée à Stonehenge UK qui fut construit 10 siècles après. La façon sont ces dalles ont été extraites et transportées demeure mystérieuse.
En étudiant ces dalles, l’ archéologue Leonardo Garcia Sanjuàn de l’université de Séville a découvert que le bord des pierres constituant le toit avaient été taillé de façon géométrique afin qu’elles s’enclenchant entre elles et forment un ensemble rigide. Ceci supposait que les constructeurs avaient des connaissances suffisantes en géométrie dans l’espace pour se représenter à l’avance l’ensemble de l’édifice, avec des angles suffisamment précis. Rappelons que la Pyramide de Cheops aurait été construite vers 2.570 bp.
Référence
Early science and colossal stone engineering in Menga, a Neolithic dolmen (Antequera, Spain)
Science Advances
23 Aug 2024
Vol 10, Issue 34
José Antonio Lozano Rodríguez and others
DOI: 10.1126/sciadv.adp1295
- Abstract
Megaliths represent the earliest form of monumental stone architecture. The earliest megalithic chambers in Europe appeared in France in the fifth millennium BCE. Menga is the oldest of the great dolmens in Iberia (approximately 3800 to 3600 BCE). Menga’s capstone #5 weighing 150 tons is the largest stone ever moved in Iberia as part of the megalithic phenomenon and one of the largest in Europe. The research presented here proposes a completely innovative interpretation of how this colossal monument was built. It comprises a geoarchaeological analysis encompassing three major components: (i) the angles of the planes of each stone, (ii) the stratigraphic polarity of each structural element, and (iii) the depth of the foundations. Our results show that Menga is a unique example of creative genius and early science among Neolithic societies. It was designed as a completely original engineering project, for which we know of no precedents in Iberia.
