Si la Région parisienne, qui a une superficie équivalente à Israël, recevait une salve de 200 missiles balistiques supersoniques analogues aux missiles Fattah que vient de lancer l’Iran sur Israël, que ferait la France ? Et que ferait Washington, qui multiplie les appels au calme ?
Le Fattah (en persan : فتاح) est un missile balistique hypersonique iranien à moyenne portée, produit par la Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la révolution islamique en 2023. Selon les responsables du programme, il a une portée de 1 400 km une vitesse de Mach 13-15 et il serait capable, grâce à sa grande manœuvrabilité, de contrer tous les systèmes de défense antimissiles
D’ores et déjà, c’est un miracle que ces missiles n’aient fait qu’un victime. Ils pouvaient tout aussi bien en faire des centaines, tant civiles que militaires. Ils pouvaient aussi détruire des sites industriels et des infrastructures de transport vitaux pour Israël. Certes, grâce au Dôme de fer et à l’appui d’aviations alliées, Israel en avait détruit un certain nombre, mais pas tous.
Lancé en 1983 en plein milieu de la guerre Iran-Irak (1980-1988) pour répondre aux attaques de missiles irakiens, le programme de missiles iranien est aujourd’hui constitué de dizaines de types de roquettes, de missiles balistiques et de croisière dont le stock est estimé à plusieurs milliers d’unités. Organisé autour de sites enterrés, parfois à 500 mètres sous terre, selon Téhéran, c’est l’un des plus diversifiés et importants du Moyen-Orient.
L’Iran en a fait la démonstration lors d’attaques ciblant plusieurs Etats de la région. En septembre 2019, ses drones et missiles de croisière avaient endommagé le site pétrolier de Khurais et la raffinerie d’Abqaïq en Arabie saoudite, déjouant les défenses antimissiles du pays – dont des systèmes Patriot américains. Depuis 2020, Téhéran et les milices chiites irakiennes ont lancé de nombreuses attaques contre des bases américaines en Irak et en Syrie employant différents types d’armes dont des missiles balistiques.
Ces missiles n’ont pas encore de charge nucléaire, mais cela ne saurait tarder, vu les efforts des ayatollahs pour se doter d’une telle arme.
Peut-on dans ces conditions penser que l’Iran, comme le proclame Israël, pourrait employer des missiles à tête nucléaire contre ce dernier. Ce serait peu vraisemblable compte tenu des dégâts que provoquerait une telle arme dans toute la région. Leur haine des Juifs ne les a pas encore rendus fous.
Mais s’ils continuent à bombarder Israël de missiles qui bien que classiques, finiront par faire des victimes civiles, ils ne pourront plus reprocher à ce dernier de tuer des femmes et des enfants par des bombardements massifs dans la bande de Gaza, en retour des massacres commis par le Hesbollah lors de la rave-party d’octobre 2023
Rappel
A la fin de 2019, huit États souverains avaient ouvertement testé avec succès des armes nucléaires. Un neuvième État, Israël, est soupçonné d’avoir des armes nucléaires sans jamais l’avoir reconnu publiquement. Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) entré en vigueur en 1970 est l’instrument principal de la communauté internationale pour empêcher la prolifération et contrôler l’usage civil des matières et des technologies nécessaires au développement d’armes nucléaires.
Depuis 1945, plus d’une trentaine d’États ont mené un programme nucléaire militaire, mais plus d’une vingtaine y ont mis fin et ratifié le TNP, parmi lesquels l’Afrique du Sud, seul État à avoir possédé l’arme nucléaire et à l’avoir démantelée.
– États possédant l’arme nucléaire (États-Unis, Russie-, Royaume-Uni, France, Chine).-États reconnus comme possesseurs de l’arme nucléaire (Inde, Pakistan, Corée du Nord).
-État possédant l’arme nucléaire sans reconnaissance officielle (Israël).
-États hébergeant l’arme nucléaire à travers l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) à cette date (Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Turquie).
- États anciennement dotés de l’arme nucléaire (Biélorussie, Kazakhstan, Ukraine, Afrique du Sud).
Voir aussi
