Ce terme de e vidéosurveillance algorithmique désigne un ensemble de logiciels associés à des caméras de surveillance pour repérer des événements jugés suspects ou à risque, avant d’alerter en temps réel un surveillant dument mandaté.
Cette technique a été testée en France dans la cadre de la loi JOP adoptée en avril 2023, pendant les Jeux mais également pour des concerts (Dépêche Mode, Black Eyed Peas, Taylor Swift) ou encore à Roland-Garros.
Pendant les Jeux olympiques, la préfecture de police de Paris avait mentionné 185 caméras fixes mobilisées en région parisienne dans le cadre de ce dispositif.
Selon les autorités, le bilan de cette expérimentation est positif, même si le dispositif est à améliorer sur la détection d’armes, les départs de feu ou la détection d’objets abandonnés. Le comité d’évaluation des caméras algorithmiques doit remettre un rapport d’ici la fin de l’année.
Les associations de défense des libertés, quant à elles, redoutent une surveillance généralisée malgré la ligne rouge jusque-là fixée par le gouvernement : l’utilisation de la reconnaissance faciale.
Or, le Premier ministre Michel Barnier a dit dans sa déclaration de politique générale, au moment d’évoquer les enjeux sécuritaires, souhaiter une « généralisation de la méthode expérimentée pendant les Jeux olympiques ». Il s’agit en fait de développer l’utilisation de la vidéosurveillance algorithmique.
En fait, que ce soit à Toulouse en 2016 avec IBM (projet abandonné en 2019), à Nîmes depuis 2015 avec Briefcam, à Marseille dès 2018 avec la SNEF, à Paris avec la RATP qui autorise des entreprises à tester leurs algorithmes sur les usagers du métros, ou encore avec la municipalité de Suresnes qui met à disposition sa population en tant que cobaye pour la start-up parisienne XXII, la vidéosurveillance algorithmique se déploie un peu partout en France.
S’il reste compliqué de quantifier le nombre de villes qui utilisent la VSA, en raison du manque de transparence de ces dernières, il est possible d’en repérer au moins une cinquantaine, le vrai nombre devant dépasser la centaine, rien qu’en France.
La CNIL
La CNIL a explicitement demandé en janvier 2022 aux industriels du secteur de lui faire des retours sur l’usage de ces technologies « afin d’accompagner leur déploiement »
Le marché de la VSA prend forme : si des acteurs comme IBM à Toulouse n’ont pas réussi à rendre efficace leur produit et semblent s’être retirés, l’entreprise israélienne Briefcam (entité du groupe Canon) prétend dominer le marché en France tandis que des villes signent des partenariats avec des start-up ou firmes françaises, soutenues par les décideurs politiques, afin de rendre les industries françaises concurrentielles sur le marché international de la sécurité urbaine numérique.
Que ce soit à Toulouse en 2016 avec IBM (projet abandonné en 2019), à Nîmes depuis 2015 avec Briefcam, à Marseille dès 2018 avec la SNEF, à Paris avec la RATP qui autorise des entreprises à tester leurs logiciels sur les utilisateurs des métros, ou encore avec la municipalité de Suresnes qui met à disposition sa population en tant que cobaye pour la start-up parisienne XXII, la vidéosurveillance algorithmique se déploie un peu partout en France. S’il reste compliqué de quantifier le nombre de villes qui utilisent la VSA, en raison du manque criant de transparence de ces dernières, il est possible d’en repérer au moins une cinquantaine, le vrai nombre devant malheureusement dépasser la centaine, rien qu’en France.
Depuis plusieurs années, on peut suivre ce déploiement, souvent très opaque . Alors que la VSA faisait l’objet jusqu’il y a peu de très nombreuses expérimentations sauvages, la CNIL a explicitement demandé en janvier 2022 aux industriels du secteur de lui faire des retours sur l’usage de ces technologies « afin d’accompagner leur déploiement », prenant clairement un parti : celui des industriels de la sécurité. La VSA semble en passe d’inonder le marché de la sécurité urbaine numérique.
Et ce marché de la VSA prend forme : si des acteurs comme IBM à Toulouse n’ont pas réussi à rendre efficace leur produit et semblent s’être retirés, l’entreprise israélienne Briefcam (entité du groupe Canon) prétend dominer le marché en France tandis que des villes signent des partenariats avec des start-up ou firmes françaises, soutenues par les décideurs politiques, afin de rendre les industries françaises concurrentielles sur le marché international de la sécurité urbaine numérique.
Les exemples de Briefcam et Two-I
Briefcam est une entreprise qui produit des logiciels de vidéosurveillance algorithmique très bien implantée en France, aux États-Unis et dans une quarantaine de pays. En 2020, déjà plus de 35 villes françaises utilisaient son logiciel, dont voici une démonstration assez révélatrice.
Dans cette vidéo, l’entreprise affirme être capable de condenser des heures de vidéos en quelques minutes, de pouvoir faire du suivi de personnes en fonction d’attributs (femme, homme, sac, chapeaux, couleurs d’habits…). On sait aussi que le logiciel de Briefcam est doté d’une option de reconnaissance faciale, que les élus à la sécurité sont très impatients d’enclencher.
Two-I de son côté est une start-up française, basée du côté de Metz. Ayant d’abord tenté de se faire une place dans la détection d’émotions (notamment l’expérimentation avortée à Nice de détection d’émotions dans les tramways), elle s’est finalement lancée dans la vidéosurveillance algorithmique et la conception de ce que les industriels appellent une « plateforme d’hypervision ». Ces plateformes mettent en carte et traduisent les nombreuses données collectées par les caméras et les algorithmes, dans le but « d’optimiser la gestion de la ville ». En somme, ces plateformes permettent de rendre utilisable la vidéosurveillance algorithmique, via une mise en carte des données et alertes captées par les caméras et algorithmes.
Dans cette vidéo, l’entreprise affirme être capable de condenser des heures de vidéos en quelques minutes, de pouvoir faire du suivi de personnes en fonction d’attributs (femme, homme, sac, chapeaux, couleurs d’habits…). On sait aussi que le logiciel de Briefcam est doté d’une option de reconnaissance faciale, que les élus à la sécurité sont très impatients d’enclencher.
Article repris avec quelques modifications, de Franceinfo
Voir aussi, pour plus de détails
https://www.laquadrature.net/wp-content/uploads/sites/8/2022/03/Reponse-consultation-CNIL.pdf
