02/10/2024 Difficultés de la Chine dans son programme lunaire

Le 13 mars 2024 à partir du centre spatial de Xichang, la Chine dans le cadre de son programme spatial Long March 2C avait lancé les satellites DRO A et DRO B.  Ces satellites devaient être mis sur des trajectoires leur permettant e placer en orbite autour de la Lune.

Xinhua n’a communiqué que le 14 mars sur ce lancement et a indiqué que l’étage terminal Yuanzheng-1S (Expédition 1S) avait eu un problème de fonctionnement et n’avait pas placé les satellites sur l’orbite prévue.

Par ailleurs, la Chine n’a pas donné d’informations concernant les satellites DRO A et DRO B , sur leur mission ni  sur leur position orbitale réelle. L’on ne sait pas si la mission  est perdue totalement ou si elle peut être encore sauvée.

Dans le programme lunaire chinois, il est souvent question d’utiliser un segment orbital autour de la Lune en soutien des opérations au sol. DRO A et B devaient servir de démonstrateurs.

DRO est l’acronyme de Distant Retrograde Orbit.

Le communiqué de Xinhua se termine par : « Les travaux d’élimination des déchets sont actuellement en cours, a indiqué le centre de lancement. Fin »

Cette formulation couvre la désorbitation des étages de Long March 2C et peut être aussi celles  des satellites DRO A et DRO B.

Note 1

En 2020, la Chine et la Russie annonçaient la création d’un programme de base lunaire international et proposaient de l’ouvrir au monde entier, en concurrence avec le programme lunaire américain qui rassemble beaucoup de partenaires. Mais qui a rejoint la Chine et la Russie aujourd’hui et pourquoi ?

Annoncé en 2020, le programme de base internationale de recherche sur la Lune ILRS est entériné le 9 mars 2021 par la Chine et la Russie. Ce sera la suite du programme lunaire habité de l’agence spatiale chinoise, après que des astronautes chinois auront foulé le sol lunaire pour la première fois, ce qui est prévu d’ici la fin de la décennie.

Le spatial russe est toutefois d’un grand secours pour l’ILRS en raison de son expérience passée dans l’exploration lunaire. La Russie a déjà fourni plusieurs fois à des missions lunaires chinoises les systèmes d’alimentation d’électricité et de chaleur par radio-isotope (RTG) à la mission Chang’e 4, grâce auxquels la sonde survit à la longue nuit lunaire depuis bientôt six ans sur la face cachée.

Mais à la différence du sans-faute sur sept missions lunaires chinoises, le retour de la Russie sur la Lune avec Luna 25 s’est soldé par un crash après un problème technique lors des manœuvres de mise en orbite lunaire. Plus de 45 ans se sont écoulés depuis la dernière mission soviétique sur la Lune. La Russie doit beaucoup réapprendre.

Conçu pour être installé au pôle Sud, le projet ILRS est en concurrence avec le programme Artemis américain. Les deux programmes cherchent à rassembler les autres puissances spatiales du monde .

Aujourd’hui, principale partenaire de l’ILRS, la Russie est en difficulté avec son programme lunaire. La principale raison est que le spatial russe est lourdement impacté par la guerre en Ukraine. Les financements sont surtout orientés vers le volet défense, bien loin de l’exploration spatiale.

Or la Station spatiale internationale (ISS) désorbitée, la Russie devait créer sa propre station nommée Ross, mais le projet manque de fonds et est sans cesse reporté.

Note 2

Outre la Russie, la Chine compte douze pays partenaires du programme ILRS. Une partie d’entre eux sont déjà des partenaires de la Chine ou de la Russie dans d’autres projets spatiaux.

  • Biélorussie : petite puissance spatiale européenne, partenaire historique du spatial russe et alliée de la Russie ;
  • Serbie : puissance des Balkans qui a toujours eu des liens avec la Russie ;
  • Azerbaïdjan : petite puissance spatiale asiatique, proche de la Russie et hôte du Congrès international d’astronautique (IAC) de 2023 ;
  • Kazakhstan : partenaire historique du spatial russe car hôte de la base de Baïkonour, d’où partent les astronautes en vaisseau Soyouz ;
  • Pakistan : partenaire important du spatial chinois. Probablement un des premiers pays étrangers à envoyer un astronaute dans la station spatiale chinoise ;
  • Turquie : puissance spatiale importante qui joue sur les deux tableaux (membre de l’Otan et aussi partenaire de la Russie) ;
  • Thaïlande : puissance spatiale émergente d’Asie, en bonnes relations avec la Chine et la Russie ;
  • Venezuela : partenaire historique de la Russie et de la Chine ;
  • Nicaragua : nouveau partenaire de la Chine qui a revu sa position sur Taïwan en 2021 et soutien de la Russie dans la guerre en Ukraine.

Il est difficile de savoir ce que vont apporter ces partenaires à l’ILRS. Il est clair que plusieurs d’entre eux ont rejoint le programme pour se positionner géopolitiquement face au leadership américain.

De leur côté, les accords Artemis proposés par les États-Unis comptent plus d’une quarantaine de pays signataires, dont l’Inde, le Japon, et la plupart des Européens.

Outre la Russie, la Chine compte douze pays partenaires du programme ILRS. Une partie d’entre eux sont déjà des partenaires de la Chine ou de la Russie dans d’autres projets spatiaux, ou au-delà :

Il est difficile de savoir ce que vont apporter ces partenaires à l’ILRS. Il est clair que plusieurs d’entre eux ont rejoint le programme pour se positionner géopolitiquement face au leadership américain.

De leur côté, les accords Artemis proposés par les États-Unis comptent plus d’une quarantaine de pays signataires, dont l’Inde, le Japon, et la plupart des Européens.



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