La filiale de la compagnie aérienne Boeing, Aurora Flight Sciences, a dévoilé de nouveaux éléments autour du projet Liberty Lifter de Boeing. Ce nom désigne un hydravion commercial qui sera utilisé par l’agence de la Défense américaine, la DARPA pour transporter cent tonnes de marchandises à grande vitesse, sur une longue distance. Il s’agira d’un hydravion cargo fonctionnant grâce à l’effet de sol appliqué à la surface de la mer.
Depuis 2022, la DARPA développe ce programme qui a pour objectif d’effectuer un premier vol en 2028. Pour ce faire, le Pentagone s’est attaché les services de l’entreprise Aurora Flight Sciences, une filiale de Boeing. Dans un communiqué publié le 23 janvier 2024, le constructeur a dévoilé de nouvelles fonctionnalités de l’avion-cargo. On estime son autonomie à 12 000 kilomètres.
Conformément au souhait de la DARPA, les équipes d’Aurora intègrent des composants à faible coût dans la phase de conception préliminaire. C’est le cas du fuselage et de l’assemblage. Les matériaux seront éprouvés dans un laboratoire de l’université Virginia Tech.
L’objectif est d’anticiper les risques liés à la dynamique de la mer. Car en utilisant l’effet de sol, l’hydravion se déplaçant juste au-dessus de la mer peut se mettre à vaciller et à heurter l’eau à grande vitesse, selon la force du vent et la hauteur des vagues.
Le Liberty Lifter doit résister à des vents compris entre 20 et 30 km/h, soit un niveau 4 sur l’échelle de Beaufort. À ce niveau, les vagues ne dépassent pas les 2 mètres de hauteur. À terme, l’hydravion devra être capable de faire face à des rouleaux jusqu’à 2,5 mètres.
Et les résultats pourraient se révéler exceptionnels. Car l’effet de sol réduit fortement la traînée, ce qui conjure les effets de friction avec l’air. Ce principe physique explique la facilité avec laquelle les mouettes semblent se suspendre au-dessus de l’eau.
Voici la raison pour laquelle les États-Unis semblent si prompts à ressusciter ce type d’aéronef, développé par les soviétiques durant la guerre froide. Ces ékranoplanes selon le terme de l’époque, devaient permettre de mener des attaques amphibies en se soustrayant aux radars de leurs adversaires.
