Il y a 56 millions d’années, les volcans ont relâché d’importantes quantités de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. La Planète s’est alors réchauffée rapidement lors de cette période appelée le Maximum Thermique du passage Paléocène-Eocène (PETM). Les scientifiques comparent souvent cette période difficile pour la vie sur Terre, avec des extinctions de masse, du type de celle qui nous attend dans le futur, si les humains continuent à émettre autant de gaz à effet de serre.
L’université de l’Arizona a publié une étude dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences qui permet de visualiser avec précision sur un globe terrestre le niveau des températures et des précipitations durant cette période de Maximum Thermique. L’objectif est de montrer à quel point le climat est sensible aux émissions de dioxyde de carbone, des émissions qui sont actuellement en hausse continue depuis 250 ans.
Selon l’université, le PETM est un bon indicateur de ce qui attend l’humanité dans le futur si elle ne modifie pas drastiquement son comportement envers la Planète. Sans être non plus l’équivalent à 100 % du climat futur, car d’autres paramètres climatiques étaient différents à l’époque, le PETM rejoint tout de même beaucoup les prévisions futures alarmantes envisagées par le Giec dans son dernier rapport. Ces deux périodes, le PETM et notre climat futur, ont toutes les deux en commun un réchauffement plus rapide des pôles que le reste du monde appelé l’amplification polaire, des moussons plus pluvieuses sur les régions du monde concernées, des tempêtes hivernales plus fortes, moins de pluie sur les Tropiques.
Mais comment les paléoclimatologues ont-ils réussi à connaître le niveau des températures d’il y a plus de 50 millions d’années et les phénomènes météo de cette époque ? En analysant des fossiles tout d’abord, puis en effectuant des calculs et simulations sur les modèles de prévision climatique. Ils ont ainsi pu recréer une carte climatique de la Terre il y a 56 millions d’années, tout en prenant en compte la différence de localisation des continents à l’époque.
Les chercheurs estiment qu’à l’époque le niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère était compris entre 850 ppm et 3.000 ppm. En comparaison, le niveau présent aujourd’hui est de 420 ppm, alors qu’il n’était que de 280 ppm avant la Révolution Industrielle. Pendant la période du PETM, les températures étaient 5 à 6 °C plus élevées sur le globe que celles de la période juste avant, ce qui montre à quel point l’augmentation du dioxyde de carbone a conduit à un réchauffement global rapide en l’espace de quelques milliers d’années.
Le dernier rapport du Giec prévoit un réchauffement du climat actuel de 2 à 5 °C si nos émissions de carbone doublent, une trajectoire vers laquelle nous nous dirigeons. L’étude des émissions de carbone au cours du PETM tend vers une évolution encore plus grave en cas de doublement de ce gaz à effet de serre : 5,7 à 7,4 °C de plus. L’étude montre finalement que le réchauffement climatique sera donc encore plus rapide que prévu si nos émissions de carbone continuent à augmenter au rythme actuel.
