23/07/2024 Existe-t-il un lien chez l’humain entre le volume cérébral et l’intelligence ?

Le cerveau d’Albert Einstein, père entre autres de la théorie de la relativité, était nettement plus petit que la moyenne. Cela ne l’a pas empêché d’être plus intelligent que la plupart de ses contemporains dotés de gros cerveaux

La paléontologie démontre la même chose. Elle nous apprend que des hominiens dotés de petits cerveaux ont survécu sur la Terre bien avant l’apparition de l’homme moderne et ont été capables d’élaborer des outils de pierre aussi élaborés que ceux des humains d’alors, laissant entendre qu’ils possédaient déjà un langage.

Il est indéniable que le passage de l’homo habilis à l‘homo erectus puis à l’homo heidelbergensis, pour finir par l’homo neanderthalensis en Eurasie et l’homo sapiens en Afrique, s’est chaque fois accompagné d’une augmentation de la taille du cerveau. Mais celle-ci n’a pas été systématique.

Ainsi la découverte il y a vingt ans en Indonésie de l‘homo florensiensis, un humain d’une taille de 1m10 avec un cerveau de 425 cm3 comparé au nôtre de 1350 cm3 en moyenne, qui a vécu jusqu’à 50.000 ans avant notre ère montre que le gros cerveau n’est pas indispensable à la survie . Il en est de même dans les cas plus récemment découverts de l‘homo luzonensis dans les Philippines et de l’homo naledi en Afrique du Sud qui ont vécu jusqu’à 235.000 ans avant aujourd’hui.

Dans un site nommé Gona en Ethiopie, il apparut que homo erectus qui y avait vécu il y a 1,6 millions d’années avait produit des outils de pierre du type acheuléen si complexes qu’il n’aurait pu le faire sans un langage rudimentaire permettant d’acquérir et transmettre le savoir-faire. Or son volume cervical atteignait à peine 500 cm 

De même des chercheurs ont retrouvé des outils du type Oldowan vieux de 3 millions d’annés dans un site où vivaient des préhumains nommés Paranthropes qui n’ont pas été des précurseurs de l’homo sapiens

Voir https://en.wikipedia.org/wiki/Paranthropus

En fait, l’intelligence individuelle n’a que peu de liens avec la taille du cerveau des individus. Elle dépend pour l’essentiel de la richesse de la culture collective dans laquelle ceux-ci sont plongés dès leur naissance, à un moment où s’établissent des liens durables entre les neurones du cortex supérieur, considérés comme le siège de l’intelligence.

NB. Nous n’évoquerons pas ici le rôle des cellules gliales.

Les enfants qui pour des raisons pathologiques ne peuvent en aucune façon communiquer avec leurs semblables auront peu de chance de devenir des Einstein ou plus simplement des citoyens normaux, quelle que soit la taille de leur cerveau à leur naissance. A l’inverse, si comme cela a été constaté dans de rares cas historiques, ils sont élevés dans des lieux où ils sont maintenus en isolement, quelle que soit la taille de leur cerveaux, ils ne pourront jamais devenir intelligents.

Plutôt que s’interroger sur la taille des cerveaux des Paranthropes, mieux vaudrait se demander pourquoi les sociétés formées par ceux-ci n’ont jamais pu évoluer vers les sociétés de plus en plus complexes ayant finalement fait apparaître l’homo sapiens

Pour en savoir plus, voir Cortex magazine

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