10/07/2024 Bientôt un ordinateur quantique français se situant parmi les meilleurs au monde




La société française Pasqal, fondée notamment par le Prix Nobel de physique (2022) Alain Aspect, a annoncé trois étapes cruciales dans la très longue marche de cette technologie vers la réalité industrielle. La première est la livraison de son premier ordinateur au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, le 19 juin. La deuxième est la signature de deux contrats avec de grands industriels : le pétrolier saoudien Aramco et l’armateur français CMA CGM. Ce dernier va investir dans Pasqal, former ses propres ingénieurs au quantique et utiliser dès que possible les ordinateurs de la société.

La technologie dite des « atomes neutres » suivie par Pasqal, consiste à manipuler des bits quantique dits qubits à l’aide d’une pince laser. Plus on manipule de qubits en même temps, plus le contrôle des erreurs inhérentes au quantique est rapide et plus la capacité de calcul dans un temps donné est grande. L’entreprise a été parmi les premières à passer le cap des cent qubits dans la même enceinte. Le 25 juin, Pasqal est parvenue à en placer mille.

Rappelons que IBM avec son ordinateur quantique Condor, vient d’annoncer que celui-ci avec ses 1121 qubits utiles est, à égalité avec son prédécesseur Osprey(433 qubits utiles), le prototype le plus rapide au monde.

Pasqal se situe donc bien dans course mondiale à la suprématie quantique. Rappelons que la quantité de qubits utiles ne correspond pas à une puissance de calcul, mais plutôt à une capacité maximale pour utiliser des algorithmes. Au cours de leur exécution, les algorithmes gèlent progressivement les qubits dans un certain état, ce qui les empêche de resservir ensuite pour exécuter de nouvelles opérations quantiques.

    L’enjeu de la recherche sur l’informatique quantique est de fait double. D’une part, les concepteurs d’ordinateurs quantiques s’efforcent d’assembler toujours plus de qubits fiables pour exécuter des algorithmes. D’autre part, les concepteurs de programmes quantiques doivent trouver les algorithmes qui rentabilisent au mieux le peu de qubits à disposition. Rappelons que des principes physiques qu’on ne maîtrise pas bien encore s’appliquent : une opération peut déclencher une série d’interactions subatomiques qui vont geler des particules dans un état aléatoire avant même que l’on s’en soit servi.

    Ainsi, IBM a pris l’habitude d’attribuer après coup à chacun de ses prototypes d’ordinateurs quantiques un score d’efficacité : le volume quantique. Il indique quelle quantité de qubits une machine peut en moyenne réellement offrir aux algorithmes. Ce volume quantique est systématiquement très inférieur au nombre de qubits utiles annoncé lors du lancement d’un nouveau prototype.

    Laisser un commentaire