L’Ile de Pâques dite aussi Easter Island ou Rapa Nui est située dans le Pacifique et mondialement connue pour la présence de monumentales statues de dieux de pierre ou Moaï érigées entre le 9ème et le 16ᵉ siècle. Ce sont près de 900 monolithes qui ont été sculptés dans du tuf, roche volcanique généralement tendre issue de la carrière de Rano Raraku.
Voir .https://www.globe-trotting.com/post/statues-moai-polynesie#
L’Ile est souvent citée en exemple de la destruction d’un milieu naturel prospère par une surexploitation agricole due à la surpopulation, ceci avant l’arrivée des Européens en 1772. Aujourd’hui de nouvelles études montrent que les événements avaient été plus complexes que ne l’indique ce modèle.
L’agriculture traditionnelle était pratiquée par la méthode dite « rock gardening ». Cette méthode consiste à diviser un terrain aride en petites surfaces protégées par des ceintures de pierres à l’intérieur desquelles des arbres, légumes et fleurs peuvent être cultivés. Elle était connue et très pratiquée par les anciens insulaires polynésiens. Elle empêchait toute surexploitation des terres cultivables
Dans un article publié dans le « Frontiers in Ecology and Evolution » des chercheurs espagnols de l’Institut des sciences de la Terre Jaime Almera (ICTJA-CSIC) et de l’Université de Barcelone (UB) suggèrent une autre version de la déforestation de l’île.
En se basant sur les 3 000 ans de l’histoire écologique de celle-ci ils ont pu constater que la déforestation n’a pas été soudaine, mais progressive et sur des laps de temps différents suivant la géographie de l’île.
En outre, de nouvelles preuves permettent d’affirmer qu’à cette période, il y avait régulièrement des changements climatiques significatifs avec une importante sécheresse qui pourrait avoir joué un rôle déterminant dans la déforestation et le déséquilibre l’équilibre de la société insulaire. « il semble qu’une succession longue et progressive de changements climatiques, écologiques et culturels interdépendants ont conduit à la situation actuelle. »
Les auteurs de l’étude dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract ont procédé à des simulations montrant que ce fut un réchauffement climatique continu qui détruisit la civilisation de l’Ile de Pâques et non la surpopulation. Autrement dit, c’est le sort qui nous attend aujourd’hui, à une plus grande échelle.
Jean-Paul Baquiast
Source
ISLAND-WIDE CHARACTERIZATION OF AGRICULTURAL PRODUCTION CHALLENGES THE DEMOGRAPHIC COLLAPSE HYPOTHESIS FOR RAPA NUI (EASTER ISLAND)
- RESEARCH ARTICLE
DYLAN S. DAVIS HTTPS://ORCID.ORG/0000-0002-5783-3578 , ROBERT J. DINAPOLI HTTPS://ORCID.ORG/0000-0003-2180-2195, GINA PAKARATI, TERRY L. HUNT HTTPS://ORCID.ORG/0009-0008-6257-8533, AND CARL P. LIPO
SCIENCE ADVANCES
21 Jun 2024 Vol 10, Issue 25 DOI: 10.1126/sciadv.ado1
Abstract
Communities in resource-poor areas face health, food production, sustainability, and overall survival challenges. Consequently, they are commonly featured in global debates surrounding societal collapse. Rapa Nui (Easter Island) is often used as an example of how overexploitation of limited resources resulted in a catastrophic population collapse. A vital component of this narrative is that the rapid rise and fall of pre-contact Rapanui population growth rates was driven by the construction and overexploitation of once extensive rock gardens. However, the extent of island-wide rock gardening, while key for understanding food systems and demography, must be better understood. Here, we use shortwave infrared (SWIR) satellite imagery and machine learning to generate an island-wide estimate of rock gardening and reevaluate previous population size models for Rapa Nui. We show that the extent of this agricultural infrastructure is substantially less than previously claimed and likely could not have supported the large population sizes that have been assumed.
