22/06/2024 Mobilisation dans le quantique français. Le programme Proqcima

Financé par le plan France 2030 https://www.economie.gouv.fr/france-2030, Proqcima est le programme par lequel le ministère des Armées finance des start-up du quantique pour un montant d’un demi-milliard d’euros. Le but est de les aider à développer un calculateur quantique universel, en vue d’une utilisation vers 2032. Les calculateurs quantiques actuels, dont les unités de calcul sont des qubits, sont encore extrêmement « bruyants ou bruités » et ne permettent pas de répondre à tous les besoins d’une informatique quantique professionnelle.

Pour mener à bien cette mission, l’Agence du numérique de défense (AND), https://www.defense.gouv.fr/and rattachée à la Direction générale de l’armement (DGA), a choisi d’engager cinq PME spécialisées dans le quantique pour une compétition sur huit ans.

Il s’agit de Alice&Bob, C12, Pasqal, Quandela et Quobly. Chacune mise sur une technologie différente pour encoder l’information quantique, qu’il s’agisse d’atomes neutres, de photons, de nanotubes de carbone ou de supraconducteurs.

D’où le choix d’une compétition par étapes, avec des points d’évaluation à 4 ans et 8 ans qui élimineront progressivement les entreprise les moins performantes. Dans quatre ans normalement, deux acteurs devront quitter le programme. Les restants auront encore quatre ans pour continuer à développer leur technologie. Et dans huit ans, il y en aura un ou deux qui passeront en industrialisation 

Le programme comportera deux grandes étapes : la première consistera à faire un ordinateur dit tolérant aux défauts, avec l’ambition d’obtenir des qubits logiques utilisables en pratique. D’ici 2032, si tout va bien, le ministère des Armées disposera de démonstrateurs.

Dans une seconde phase, dite « LSQ » (pour Large Squale Quantum), il faudra passer à des volumes de qubits logiques de 1 000, 10 000, 100 000 voire 1 million de qubits logiques pour faire des calculs hors de portée de ce qu’on peut imaginer aujourd’hui des calculateurs classiques . Sont visées, outre des applications strictement militaires restant confidentielles, des activités comme la cryptographie, en particulier pour déchiffrer des clés de chiffrement. Dans beaucoup de problèmes la seule façon d’être sûr d’avoir la bonne solution, c’est de tester toutes les solutions et de choisir celle qui obtient le meilleur résultat, ce qui prend énormément de temps.

En dehors des Armées, divers organismes nationaux de recherche seront intéressés, de même que de nombreuses entreprises du secteur privé. Ainsi le médical pour la recherche vaccinale, la finance ou la SNCF s’intéressent au quantique, dans l’optique de résoudre de nouveaux problèmes trop lourds pour des ordinateurs classiques.

De plus, le calculateur quantique ne remplacera jamais l’informatique actuelle. Ils ont chacun leurs forces et leurs faiblesses, et il faut leur apprendre à coopérer, dans la gestion courante comme dans la recherche de nouvelles solutions

Le rôle du ministère des Armées est d’essayer de faciliter la vie des start-up participantes, pour réussir dans un monde plus compétitif, où la France n’est pas seule.

Note

Ajoutons que le défi auquel doit faire face désormais la Défense ne se limite plus au Quantique. Il inclut le robot humanoide destiné à remplacer le plus souvent possible le militaire humain

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