On nomme intrication quantique (quantum entanglement) un lien entre deux particules subatomiques qui fait que toute intervention sur l’état de l’une se répercute instantanément sur l’état de l’autre, quelle que soit la distance qui les sépare. Ce concept contredit évidemment notre conception de l’espace et du temps, comme l’avait en son temps fait remarquer Albert Einstein en parlant de « spooky action at a distance ».
Il reste encore incompris aujourd’hui par la plupart des scientifiques, comme l’a remarqué récemment Nicolas Gisin de l’Université de Genève. Le fait est que si aujourd’hui les applications pratiques de l’intrication se sont multipliées, ce phénomène continue à ne rien nous apprendre sur la façon dont l’univers fonctionne.
L’on peut créer facilement des particules intriquées en les rapprochant l’une de l’autre dans une procédure dite la conversion paramétrique spontanée. Ce processus non linéaire d’ordre 2 repose sur la conversion d’un photon de pompe en deux photons, couramment appelés photon signal et photon idler, au sein d’un cristal non linéaire. Il doit satisfaire les relations de conservation de l’énergie et de l’impulsion
Pour les spécialistes qui travaillent sur l’intrication, telles Myriam Weilenmann, elle-aussi de l’Université de Genève, ou Ana Sainz, de l’université de Gdansk, il n’y a rien de surprenant. Le monde macroscopique et le monde microscopique obéissent à des lois différentes. Tout au plus peut-on constater que sans l’intrication, notre monde ne serait pas ce qu’il est.
L’intrication est souvent présentée comme la réalité sous-jacente expliquant l’univers dans ses aspects les plus fondamentaux. C’est pour cette raison que les spécialistes du Large Hadron Collider du CERN envisagent de la mettre à l’épreuve dans des expériences encore à définir. Mais beaucoup conviennent déjà qu’il n’y aura là rien de nouveau à découvrir.
