Le 6 février 2024, la Commission européenne lançait l’alliance européenne des SMR, première etape visant à doter l’Europe de petits réacteurs nucléaires mobiles, capables de répondre localement aux besoins énergétiques. En fait, ces réacteurs existent depuis longtemps et sont en réalité aussi anciens que l’industrie nucléaire elle-même.
L’originalité des SMR tient dans leur modularité : une conception sous forme de bloc intégré et standardisé, pouvant être produit en série et déployé rapidement, à un coût bien plus abordable que les réacteurs actuels. Construire une centrale nucléaire de taille normale exige des milliards d’euro sur plusieurs années. Il s’agit d’un processus long au cours duquel s’ajoute le risque d’un changement de politique de l’État ou d’une mobilisation de l’opinion publique à l’encontre du projet.
Or, grâce aux SMR, il devient possible d’installer et de rentabiliser un réacteur en quelques mois, afin de produire de l’électricité ou de la chaleur pour les villes et l’industrie. S’y ajoute aujourd’hui l’électrolyse de l’eau pour obtenir de l’hydrogène combustible ou de l’eau potable à partir des eaux usées.
Les SMR permettraient donc non seulement de dynamiser l’offre nucléaire, mais aussi de la diversifier vers d’autres besoins et d’autres acteurs, moins défiant vis-à-vis de l’atome. Ce pourrait notamment être le cas dans des pays en développement qui y voient une option abordable pour électrifier, décarboner et mieux intégrer leurs territoires.
Pour l’Union européenne, le faible risque posé par ces réacteurs peu puissants et peu consommateurs en combustible semble avoir convaincu, en témoigne le « Net Zero Industry Act » qui consacre les SMR comme des technologies net zero , ou encore l’alliance européenne des SMR , citée ci-dessus qui pourraient marquer le début d’une mutualisation des efforts.
Pour en savoir plus
World Nucléar Association https://www.world-nuclear.org/information-library/nuclear-fuel-cycle/nuclear-power-reactors/small-nuclear-power-reactors.aspx
