Dans son discours à la Nation en date du 29 février, en dénonçant les menaces de guerre que ne cessaient de proférer contre lui certains intérêts occidentaux, Vladimir Poutine avait déclaré en s’adressant directement aux pays occidentaux « Nous aussi avons des armes capables d’atteindre des cibles sur votre territoire.» Il avait également jugé que les menaces occidentales constituaient un « réel risque » de conflit par « armes nucléaires ». « Tout ce que (les Occidentaux) inventent en ce moment, ce avec quoi ils effraient le monde, tout cela constitue un réel risque d’un conflit avec une utilisation d’armes nucléaires, ce qui signifie la destruction de la civilisation » cf BFM TV
Immédiatement, diverses voix occidentales en avaient conclu qu’il menaçait ses adversaires de l’emploi d’armes nucléaires au moins tactiques. Ne fallait-il pas dans ces conditions et à titre préventif déclarer à la Russie une guerre conventionnelle suffisamment forte pour décourager le Kremlin de toute résistance.
Ceci pouvait être fait sans grand risque, disait-on, compte tenu de l’état prétendu de délabrement moral des conscrits russes engagés en Russie et du vieillissement du matériel. Par ailleurs les médias occidentaux multipliaient les reportages sur la douleur des mères et des épouses russes ayant perdu un des leurs.
Ces différents facteurs ont conduit des milieux politiques en Occident, ou plus exactement en Europe, les Etats Unis étant plus prudents, à recommander de déclarer une guerre préventive à la Russie, pour provoquer au minimum un changement de régime.
Ces bonnes âmes se rendent-elles compte qu’une guerre même de faible intensité déclarée par la France à la Russie se traduirait par le retour en France et dans leurs familles de milliers de cadavres à peine identifiables imprégnés de boue et d’immondice, là où il y avait des milliers de jeunes gens plein d’avenir.
La cause en vaudrait-elle la peine alors que la Russie ne menace que ceux qui l’attaqueraient.
