Le si correct Boeing, qui se fait selon lui un devoir religieux de respecter les règles de sécurité imposées au transport aérien de passagers par la Federal Aviation Administration américaine; n’hésite pas quand de sordides intérêts l’exige, à se comporter comme le faisaient les gangs américains de Chicago dans les années trente.
Le prétendu suicide d’un de ses employés le prouve une nouvelle fois. Celui-ci John Barnett, 62 ans, avait consacré les dernières années de sa vie à dénoncer les négligences en matière de sécurité de son ancien employeur, Boeing.
Or il a été retrouvé mort dans son camping car sur le parking d’un hôtel à Charleston, dans l’Etat américain de Caroline du Sud, selon une information publiée lundi 11 mars par la BBC. C’est là qu’il devait être interrogé par la justice, samedi 9 mars, dans le cadre de la procédure judiciaire qu’il avait intentée contre Boeing. Il ne s’était pas jamais présenté. Selon les autorités du comté de Charleston, qui s’occupent de l’affaire, le décès remonte à ce même samedi 9 mars. Il aurait été causé par un «coup de pistolet auto-infligé», un aimable euphémisme désignant un suicide, ajoute le communiqué, qui précise que les investigations se poursuivent.
John Barnett, 32 ans d’entreprise à son actif jusqu’à sa retraite en 2017, avait travaillé à partir de 2010 comme responsable de la qualité à l’usine de North Charleston, qui fabrique le 787 Dreamliner.
Dans la presse, il avait fait état d’une série de défaillances à même de mettre en péril la sécurité des vols, et par conséquent celle des salariés et des passagers: ouvriers installant délibérément des pièces défectueuses sur les avions en cours de production, défauts dans le suivi des composantes des appareils, dysfonctionnements sur un quart des masques à oxygène… Le tout, expliquait-il, pour éviter les retards sur la chaîne de production et respecter les rythmes imposés par la commande. Des accusations que Boeing avait rejetées publiquement, mais qui avaient été en partie validées par la Federal Aviation Administration en 2017.
«Nous sommes attristés par le décès de John Barnett et nos pensées vont à sa famille et à ses amis», a fait savoir Boeing. Le drame survient après une série de scandales et d’accidents impliquant la compagnie fondée à Seattle. Début janvier, une porte d’un Boeing 737 MAX 9, de la compagnie Alaska Airlines s’est ainsi détachée quelques minutes après un décollage à l’aéroport international de Portland, dans l’ouest des Etats-Unis, faisant quelques blessés légers.
Merci à Libération, qui a pris le risque de signaler ce véritable meurtre. Si des journalistes de Libération prennent l’avion prochainement, qu’ils préfèrent Airbus
