28/02/2024 Migrants. La périlleuse traversée de la jungle du Darién

Un rapport de 62 pages, intitulé « “This Hell Was My Only Option”: Abuses Against Migrants and Asylum Seekers Pushed to Cross the Darién Gap » (« “Je n’avais pas d’autre choix que cet enfer” : Les migrants et les demandeurs d’asile poussés à traverser la jungle du Darién victimes d’abus »), est le premier d’une série de rapports de Human Rights Watch sur la migration par la jungle du Darién.

Human Rights Watch a constaté que les restrictions sur les déplacements à partir de pays d’Amérique du Sud vers le Mexique et l’Amérique centrale, souvent promues par le gouvernement des États-Unis, ont contribué à une forte augmentation du nombre de personnes traversant la jungle du Darién. Cela expose les migrants à des abus, notamment à la violence sexuelle, et favorise le crime organisé dans cette région.

« Les récits accablants qui nous parviennent de la jungle du Darién résultent de l’échec de politiques migratoires qui poussent les gens vers le danger et les abus », a déclaré Juanita Goebertus, directrice de la division Amériques à Human Rights Watch. « Les défis croissants en matière d’immigration dans notre région nécessitent de nouvelles politiques régionales, qui doivent garantir les droits des personnes en déplacement. »

L’année dernière, plus d’un demi-million de personnes ont traversé la jungle du Darién pour se diriger vers le nord, souvent les États-Unis, afin de fuir la pauvreté et les crises des droits humains aux Amériques, notamment la violence et les actes de persécution. Des Vénézuéliens, des Haïtiens et des Équatoriens, ainsi que des personnes provenant d’autres régions telles que l’Asie et l’Afrique, risquent leur vie dans cette zone géographique difficile.

Depuis janvier 2022, plus de 440 000 Vénézuéliens ont traversé la jungle du Darién, soit le plus grand nombre de migrants toutes nationalités confondues. Ils fuient la situation d’urgence humanitaire dans leur pays, qui entrave l’accès à la nourriture et aux médicaments, ainsi que les abus et les actes de persécution perpétrés par les forces de sécurité, les groupes armés et les gangs.

Au cours de leur traversée, qui dure plusieurs jours, les migrants et les demandeurs d’asile de toutes nationalités sont souvent victimes de vols et de graves abus, y compris de violence sexuelle.

Du côté colombien de la jungle du Darién, le Gulf Clan, un groupe armé s’adonnant au trafic de drogue, réglemente les routes que les migrants et les demandeurs d’asile peuvent emprunter, décide qui peut les aider en cours de route, soutire de l’argent aux personnes tirant profit des flux migratoires et édicte des règles de conduite qu’il impose tant aux habitants qu’aux migrants, parfois en usant de violence. Selon les estimations de l’armée colombienne, le Gulf Clan collecte en moyenne 125 dollars par personne traversant la jungle du Darién. Si cette estimation est correcte, entre janvier et octobre 2023, le contrôle de cette route migratoire pourrait lui avoir rapporté au total 57 millions de dollars.

Par ailleurs, des criminels et des bandits attaquent les migrants et demandeurs d’asile lors de leur passage sur les nombreuses routes sillonnant la jungle, en particulier du côté panamien. Les vols et les abus sexuels sont monnaie courante, et il peut aussi y avoir des viols. Depuis avril 2021, Médecins sans frontières a porté assistance à 950 personnes, pour la plupart des femmes, ayant fait état de violence sexuelle au cours de leur traversée de la jungle du Darién.

Note

La région du Darién ou bouchon du Darién (de l’espagnoltapón del Darién) est une zone de marais et de forêt située à la frontière entre la Colombie et le Panama, d’environ 160 km de long et 50 km de large.


https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gion_du_Dari%C3%A9n#:~:text=Carte%20de%20la%20r%C3%A9gion%20frontali%C3%A8re,Dari%C3%A9n%20est%20indiqu%C3%A9%20en%20vert.

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