26/02/2023 Agriculture française. Comment évoluera le monde pendant les 50 prochaines années ?

Un demi-siècle est la durée à prendre en compte dans le choix d’une carrière, pour soi et ses enfants. C’est aussi une période dont on peut raisonnablement envisager l’évolution toutes choses égales d’ailleurs, c’est à dire sans un bouleversement toujours possible des conditions actuelles.

Nous présentons ici une courte liste des domaines dont l’évolution prévisible aura une influence sur l’avenir de l’agriculture en France

. Le réchauffement climatique mondial. Même si celui-ci n’a pas l’importance que certains climatologues prévoyaient ces dernières années, il paraît inévitable. La France est un pays entouré de mers dont le réchauffement sera moins sensible que dans d’autres régions du monde entièrement continentales. Mais son agriculture devra néanmoins évoluer. Elle deviendra de type méditerranéen dans tout le nord et l’ouest, ainsi en général que sur les côtes. Des régions entières continentales risquent de devenir de type désertique, c’est-à-dire au mieux exigeant une importante irrigation et des variétés cultivées peu exigeantes en eau. La couverture forestière qui fait la richesse du pays souffrira beaucoup, du fait que quelques décennies sont nécessaires pour lui permettre de s’adapter. Les grands incendies y deviendront plus fréquents. Les Alpes et les Pyrénées résisteront le mieux au réchauffement. Leur approvisionnement en eau bénéficiera quelques décennies de la fonte des glaces Mais là encore leurs cultures devront devenir, même en altitude, de type méditerranéen.

. Evolution de la demande internationale. Au niveau des populations dites favorisées, celle-ci changera peu. Les produits français présentés comme de luxe garderont leur clientèle, mais non sans mal du fait d’une concurrence accrue. Le point majeur à considérer sera le passage de la population africaine de 1 milliard à 2 milliards ou plus de bouches à nourrir. La demande en produits de base tels que les céréales deviendra très importante. La France ne devrait pas ignorer ce marché, dont bénéficieront en premier lieu les pays céréaliers tels que l’Ukraine.

. Poids politique de la grande distribution et des intermédiaires. Ces secteurs sont en contact direct avec la population, c’est-à-dire avec les électeurs, qu’il s’agisse d’élections locales ou nationales. Ils obtiendront toujours des arbitrages politiques favorables, face aux agriculteurs.

. Poids économique de la surmécanisation. Les manifestations de ces derniers jours ont mis en scène des engins excessivement puissants au regard des travaux à faire. Le coût de ces matériels et du carburant pourrait dans beaucoup de cas être réduit, sans même parler d’une coopération d’usage toujours difficile à organiser. Cette surmécanisation s’accompagne d’ailleurs d’un appel croissant à une main d’oeuvre saisonnière extra-européenne.

. Poids excessif des formalités administratives. Dans ce cas, ce sont les administrations nationales et locales qui doivent être incriminées. Le plus souvent l’informatisation des procédures ajoute à la charge plutôt qu’être un facteur d’allégement.

A suivre

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