21/01/2024 La tempête solaire ayant frappé les Alpes françaises il y a 14.300 ans

Il s’agissait de la plus importante tempête solaire enregistrée dans les archives géologiques de la Terre.

Le terme de tempête solaire désigne couramment mais improprement une éruption solaire ou éruption chromosphérique. Il s’agit d’un événement primordial de l’activité du Soleil. La variation du nombre d’éruptions solaires permet de définir un cycle solaire d’une période moyenne de 11,2 ans

La tempêté solaire se produit périodiquement à la surface de la photosphère et projette au travers de la chromosphère des jets de matière ionisée qui se perdent dans la couronne à des centaines de milliers de kilomètres d’altitude au niveau de l’équateur solaire . Wikipedia

Quand un événement de cette ampleur se reproduira dans le futur, comme prévisible, il s’agira d’une catastrophe mondiale, renvoyant temporairement les civilisations à l’époque préindustrielle. Tous les réseaux électriques et radio-téléphoniques seront projetés dans un black-out de plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Tous les satellites deviendront incontrôlables et retomberont sur la Terre.

L’histoire a conservé le souvenir de la tempête dite de Carrington, s’étant produit en 1859. La plus grande tempête solaire jamais enregistrée aux temps modernes a eu lieu en 1859 au cours d’un maximum solaire d’à peu près la même intensité que celui dans lequel nous entrons, d’après la NASA.

Cette tempête a été baptisée l’évènement de Carrington, du nom de l’astronome britannique Richard Carrington qui remarqua les violentes éruptions solaires et fut le premier à faire le lien entre l’activité solaire et les perturbations géomagnétiques sur Terre.

Au cours de l’évènement de Carrington, des aurores boréales ont été observées jusqu’à Cuba et Honolulu au sud, et des aurores australes jusqu’à Santiago du Chili au nord. Les éruptions étaient si violentes que les « habitants du nord-est des Etats-Unis pouvaient lire leur journal à la seule lumière des aurores », a déclaré Daniel Baker, du Laboratoire de physique atmosphérique et spatiale de l’université du Colorado, lors d’une conférence de géophysique en décembre 2016.

De plus, les perturbations géomagnétiques furent si intenses que des opérateurs télégraphiques américains signalèrent que leurs équipements produisaient des étincelles, dont les plus violentes causèrent des incendies, selon Ed Cliver, astrophysicien au Laboratoire de recherche de l’US Air Force à Bedford, dans le Massachussetts.

Or récemment, Tom Heaton de l’Université de Leeds, UK, et son équipe ont retrouvé des traces d’une tempête solaire au moins deux fois plus importante dans des restes de troncs de pins maritimes fossilisés dans les Alpes françaises, sur les rives de la Durance . Ils y trouvèrent des traces de carbone 14, un carbone qui a deux fois plus de neutrons que la normale et est produit par des particules de haute énergie frappant l’atmosphère terrestre. Ils ont noté un très haut taux de carbone remontant à 14.300 ans bp.

Cette éruption avait été certainement accompagnée d’un très haut taux de rayons gamma. Ces rayons peuvent endommager l’ADN et créer des cancers.

Référence

A radiocarbon spike at 14 300 cal yr BP in subfossil trees provides the impulse response function of the global carbon cycle during the Late Glacial

Edouard Bard 

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Published:09 October 2023

https://doi.org/10.1098/rsta.2022.0206

Abstract

We present new 14C results measured on subfossil Scots Pines recovered in the eroded banks of the Drouzet watercourse in the Southern French Alps. About 400 new 14C ages have been analysed on 15 trees sampled at annual resolution. The resulting Δ14C record exhibits an abrupt spike occurring in a single year at 14 300–14 299 cal yr BP and a century-long event between 14 and 13.9 cal kyr BP. In order to identify the causes of these events, we compare the Drouzet Δ14C record with simulations of Δ14C based on the 10Be record in Greenland ice used as an input of a carbon cycle model. The correspondence with 10Be anomalies allows us to propose the 14.3 cal kyr BP event as a solar energetic particle event. By contrast, the 14 cal kyr BP event lasted about a century and is most probably a common Maunder-type solar minimum linked to the modulation of galactic cosmic particles by the heliomagnetic field. We also discuss and speculate about the synchroneity and the possible causes of the 14 cal kyr BP event with the brief cold phase called Older Dryas, which separates the Bølling and Allerød millennium-long warm phases of the Late Glacial period.

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