Les mesures tant attendues, parce qu’indispensables au maintien de l’indépendance énergétique de la France, vis-à-vis notamment du gaz russe et du pétrole de schiste américain, viennent enfin d’être annoncées.
A deux mois de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a dévoilé à l’occasion d’un déplacement à Belfort, son plan de relance du nucléaire pour la France. Il souhaite prolonger la durée de vie des centrales françaises et construire de nouveaux réacteurs d’ici 2035. Les chantiers intéressant l’énergie renouvelable seront par ailleurs poursuivis.
https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/nucleaire-emmanuel-macron-1644503639
Des précisions concernant la relance du nucléaire français sont apportées sur les sites révolution-energétique et Les voix du Nucléaire
La première phase du programme de relance du nucléaire, annoncée par Emmanuel Macron à Belfort en 2022, va désormais pouvoir réellement commencer. Selon les premières estimations, ce chantier devrait coûter près de 52 milliards d’euros et nécessiter le recrutement de près de 30 000 personnes dans les années à venir. EDF prévoit, dans le meilleur des cas, une mise en service des réacteurs de Penly en 2035, de ceux de Gravelines en 2038 et des deux du Bugey en 2042.
La question du personnel ingénieurs et techniciens est essentiel. La France avait précédemment découragé du fait de sa timidité nombre des compétences dont elle disposait en ce domaine. Des programmes de recrutement et de formation doivent être annoncés dans les meilleurs délais.
En parallèle de la construction de ces 6 EPR2, l’État souhaite le prolongement de la durée de vie à 60 ans ou plus de tous les réacteurs actuels lorsque cela est possible. Il envisagera dans les années à venir la construction de 8 réacteurs supplémentaires afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.
L’association « Les Voix du nucléaire » a proposé un scénario de transition énergétique particulièrement volontariste. Ses experts, outre les travaux d’extension des centrales existantes et le lancement des nouveaux chantiers, recommandent de généraliser le stockage par STEP, qui permettrait à la France d’atteindre la neutralité carbone sans incertitudes ni dépendance aux pays voisins.
Les STEP
Précisons que les STEP sont des stations de transfert d’énergie par pompage dont le principal but est d’adapter en temps réel la production à la consommation en permettant le stockage de l’électricité . Ainsi la centrale hydroélectrique de Montézic est une unité de production très particulière. Il s’agit d’une station de transfert d’énergie par pompage dont le principal atout est d’adapter en temps réel la production à la consommation en permettant le stockage de l’électricité sous la forme d’eau. En effet, par définition, l’électricité ne se stocke pas, elle doit être produite en fonction des besoins.
Le principe de la STEP est le suivant : lorsque le réseau a besoin d’électricité, la STEP utilise l’eau qui se trouve dans le bassin supérieur pour produire de l’électricité (mode turbine). C’est la force de l’eau qui fait tourner la turbine.
Aux heures de faible consommation, lorsque l’électricité est disponible sur le réseau, l’eau est pompée (mode pompe) de la retenue inférieure vers la retenue supérieure. C’est alors le réseau qui alimente l’alternateur comme un moteur électrique. Il fait tourner la turbine en sens inverse dans le sens pompe pour remonter l’eau vers la retenue supérieure. Le stock d’énergie potentielle est ainsi reconstitué pour un nouveau cycle de production et ce, indépendamment de l’eau des pluies et des autres cours d’eau naturels.
Ce système a un rôle essentiel dans le mix énergétique français : il permettra de consommer via le mode pompe l’énergie dite excédentaire ou non utilisée produites par les nouvelles énergies renouvelables comme l’éolien et le photovoltaïque.
Le rôle de la France dans le projet international de fusion nucléaire ITER
Les propositions d’Emmanuel Macron dans le nucléaire de fission ne devraient pas se traduire par une moindre participation au programme international ITER de fusion nucléaire dont un pilier essentiel se trouve à Cadarache.
