30/11/2023 Tzahal devrait se méfier des correspondants de guerre qu’elle incorpore

Comme toutes les forces armées engagées dans un conflit, l’armée israélienne dite Tzahal (ou les FDI ) rémunère des journalistes pour faire des reportages par articles et images concernant les combats qu’elle mène dans la Bande de Gaza et aujourd’hui à Gaza même. Ces journalistes sont dit « embedded ». Ils sont astreints à soumettre à Tzahal les textes qu’ils envoient à leur journal ou à leur chaîne TV. Il est inutile de préciser que ces contenus sont toujours favorables à Israël, tant par ce qu’ils montrent que parce qu’ils ne montrent pas.

Ces derniers jours Israël a procédé à des bombardements massif sur Gaza destinés à y détruire les abris souterrains à partir desquels opère le Hamas. Autant que l’on sache, les représentants du Hamas ont pour la plupart échappé à ces bombardements. Par contre la ville de Gaza, déjà très endommagée précédemment, a vu certains de ses quartiers transformés en un champ de ruines. Vraisemblablement de nombreux Gazaouis, dont inévitablement des femmes et des enfants, ont été tués. Mais les journalistes « embedded » dans Tzahal n’en ont pratiquement pas parlé.

Aussi  Patrick Lawrence, ancien de l’ ‘International Herald Tribune’, a publié le 28 novembre dans ‘Consortium News’ (accès en traduction française sur le site lui-même,  repris par ‘Réseau Internnational’) un article intitulé : « Compromissions fatales »… Dans cet article, il dénonce le fait que ses confrères soient obligés par leurs employeurs de reprendre pour décrire les affrontements Hamas- Israël dans la bande de Gaza les termes mêmes imposés par Tzahal.

Cela n’est pas nouveau. Dans tout conflit les correspondants de guerre ne publient que ce qui convient aux Etats-majors et aux gouvernements. Mais c’est ainsi aussi que les conflits peuvent dégénérer en guerres de plus en plus étendues et meurtrières.

NB Merci à Philippe Grasset qui a signalé sur son site De Defensa l’article de Patrick Lawrence.

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