Dans un article récent, l’astrophysicien français Jean-Pierre Bibring affirme que « tous les objets du cosmos sont uniques »
Il applique ce postulat à la Terre et plus particulièrement à la vie sur la Terre, vie dont les humains sont une forme particulière. « La vie pourrait être une propriété spécifique de la Terre. Le vivant serait la forme extraordinairement spécifique d’une phénomène très général, la complexification de la chimie organique cosmique. Les propriétés du vivant ne seraient donc pas génériques, mais par essence contingentes, liée à l’évolution du disque protosolaire et de la Terre.
Il en résulterait pour lui que les « milliards de milliards de planètes aujourd’hui identifiées n’abriteraient sans doute pas de vie semblable à la vie sur la Terre ».
Une telle affirmation ne peut être soutenue. Le lecteur mal informé en conclurait qu’il n’y a pas de vie ailleurs que sur Terre. Autrement dit les efforts pour s’assurer que nous ne sommes pas seuls dans l’univers seraient de l’argent perdu. Or comment de notre planète prétendre juger de ce qui se passe, s’est passé ou se passera dans un univers dépourvu de frontières à ce jour identifiées.
En fait Jean-Pierre Bibring joue sur les mots. Tous les scientifiques qui rechercheront s’il y a de la vie sur d’autres planètes ne s’attendront pas être accueillis par un monsieur fort poli le chapeau à la main.
Mais à l’inverse ils n’excluront pas de découvrir des civilisations prospérant dans des cités multiplanétaires.
Sciences et avenir. La Recherche, décembre 2023 n° 922 p. 44
