Nous reproduisons ici vu son intérêt le résumé d’un article que vient de publier le journal Le Monde.
Ce concept est-il crédible ?
Oui, il est utilisé par les grandes organisations internationales, l’ONU ou la Commission européenne par exemple. En France, le Commissariat général au développement durable a récemment publié une étude intéressante sur le rôle de la France face à ces frontières planétaires. Les scientifiques qui travaillent sur ce concept préviennent qu’il s’agit d’abord d’un cadre conceptuel, qui peut tout à fait être débattu. Mais il fait aujourd’hui référence pour comprendre les interactions entre les activités humaines et l’équilibre global de la planète.
Le concept de limites planétaires provient d’une étude internationale réalisée en 2009 (retrouver l’article scientifique ici). Elle fixe neuf limites à ne pas dépasser. Ce travail scientifique s’appuie sur le fait que l’équilibre de la terre pendant les dix mille dernières années a permis des conditions de vie très favorables au développement de l’humanité. Mais les activités humaines ont un tel impact sur cet écosystème qu’elles peuvent rendre la planète inhabitable, en déstabilisant l’espace dans lequel nous vivons
Quelles sont ces limites ?
Elles sont au nombre de neuf, dont six sont considérées comme dépassées :
- Le changement climatique : Nous émettons trop de gaz à effet de serre, surtout à cause de notre usage des énergies fossiles.
- L’érosion de la biodiversité ; chaque année, entre cent et mille extinctions sur un million d’espèces sont enregistrées – la limite planétaire est fixée à dix, elle est donc tout à fait dépassée.
- La déforestation aussi appelée le changement d’usage des sols ; l’indicateur retenu est la perte de forêts, compte tenu du rôle qu’elles jouent dans la préservation de la biodiversité et de leurs effets sur le climat. Cette limite implique de préserver 75 % des surfaces forestières d’avant 1700- – nous sommes aujourd’hui à 62 %.
- la pollution à l’azote : L’azote est nécessaire à la vie. Le problème, c’est qu’en trop grande quantité, il ne peut plus être absorbé par les plantes et déséquilibre le fonctionnement des écosystèmes. Ce qui est en cause ici, c’est l’usage d’engrais chimiques de manière massive. Cette frontière est très largement dépassée.
- La pollution chimique ; il s’agit de la quantité de « nouvelles entités introduites dans l’environnement », et cela recouvre aussi bien les plastiques que les pesticides, les solvants, les polluants organiques persistants, etc. Evaluée depuis 2022, cette limite est jugée dépassée compte tenu de la masse de polluants produits et de leur dissémination. ;
- L’utilisation de l’eau douce ; vitale pour les vivants, elle ne représente que 3 % de l’eau disponible sur terre. Cette limite est considérée depuis 2022 comme partiellement franchie, notamment pour l’eau « verte » celle nécessaire aux végétaux.
- L’acidification des océans ; c’est une conséquence directe de l’utilisation des énergies fossiles, puisque les océans absorbent de plus en plus de CO₂. Résultat : ils deviennent plus acides et cela menace la vie marine, la reproduction des espèces et la chaîne alimentaire (y compris celles des êtres humains !). Cette limite n’est pas encore dépassée.
- Les aérosols ; il s’agit pas de des particules émises par les énergies fossiles, par exemple les centrales à charbon ou les voitures à essence. Ils ont un impact important sur le climat à un niveau local et un effet majeur sur la santé humaine à travers la pollution de l’air. Cette limite n’est pas encore correctement quantifiée au niveau global.
- La couche d’ozone ; la couche d’ozone contribue à protéger les vivants des rayons UV du soleil – ce qui permet la photosynthèse des plantes et évite les cancers de la peau. Grâce à un accord international en 1987, l’utilisation des gaz responsables de sa destruction a été fortement réduite. Cette frontière n’est pas dépassée – et démontre par ailleurs que la situation peut se stabiliser quand on fournit les efforts nécessaires.
