Celles-ci leur permettent notamment d’améliorer leur résistance aux maladies.
Les plantes n’ont pas de cerveaux, comme chacun sait. Elles ne paraissent pas non plus pouvoir se parler au sein d’une même espèce et moins encore d’une espèce à l’autre. Néanmoins des chercheurs français et chinois ont récemment découvert des processus encore mal compris qui permettent à des individus provenant d’espèces différentes, comme le blé et le riz, de pouvoir échanger des informations vitales face à un danger commun.
Dans le cas relaté par le rapport référencé ci-dessous, des chercheurs ont pu montrer que la résistance à des champignons pathogènes inoculés à titre expérimental à des échantillons de pieds de blé et de riz de variétés différentes augmentait considérablement si ces pieds pouvaient communiquer entre eux au lieu d’être séparés dans des espaces de culture différents. Tout se passait comme si les pieds contaminés avertissaient les pieds encore sains du fait qu’ils allaient devoir se défendre au lieu d’attendre passivement l’infection.
Cependant les chercheurs n’ont pas encore pu mettre en évidence les moyens par lesquelles les pieds de blé ou de riz pouvaient communiquer entre eux. Ce n’était en tous cas pas à travers des échanges entre racines au sein d’une terre de culture commune que la communication aurait pu pouvait s’établir car ces échantillons avaient été élevés dans des espaces étanches.
Les chercheurs parlent d’un processus encore mal compris dit neighbor-modulated susceptibility (NMS) selon lequel la résistance d’une plante contaminée est diminuée par le voisinage avec une plante encore saine, autrement dit le contraire de ce que l’on observe généralement.
Référence
The genetic identity of neighboring plants in intraspecific mixtures modulates disease susceptibility of both wheat and rice
- Rémi Pélissier,
- Elsa Ballini,
- Coline Temple,
- Aurélie Ducasse,
- Michel Colombo,
- Julien Frouin,
- Xiaoping Qin,
- Huichuan Huang,
- David Jacques,
- Fort Florian,
- Fréville Hélène,
- Violle Cyrille,
- Jean-Benoit Morel
- Published: September 12, 2023
- https://doi.org/10.1371/journal.pbio.3002287
Abstract
Mixing crop cultivars has long been considered as a way to control epidemics at the field level and is experiencing a revival of interest in agriculture. Yet, the ability of mixing to control pests is highly variable and often unpredictable in the field. Beyond classical diversity effects such as dispersal barrier generated by genotypic diversity, several understudied processes are involved. Among them is the recently discovered neighbor-modulated susceptibility (NMS), which depicts the phenomenon that susceptibility in a given plant is affected by the presence of another healthy neighboring plant. Despite the putative tremendous importance of NMS for crop science, its occurrence and quantitative contribution to modulating susceptibility in cultivated species remains unknown. Here, in both rice and wheat inoculated in greenhouse conditions with foliar fungal pathogens considered as major threats, using more than 200 pairs of intraspecific genotype mixtures, we experimentally demonstrate the occurrence of NMS in 11% of the mixtures grown in experimental conditions that precluded any epidemics. Thus, the susceptibility of these 2 major crops results from indirect effects originating from neighboring plants. Quite remarkably, the levels of susceptibility modulated by plant–plant interactions can reach those conferred by intrinsic basal immunity. These findings open new avenues to develop more sustainable agricultural practices by engineering less susceptible crop mixtures thanks to emergent but now predictable properties of mixtures.
