Durant la guerre de 1914-18, ce furent le fusil Lebel modèle 1886, la canon de 75 mm, la mitrailleuse Hotchkiss ainsi qu’en fin de guerre le char Renault qui contribuèrent aux succès français. On ajoutera le couteau de tranchée, version renforcé du couteau à viande fabriqué à Thiers.
Le 14 juillet 2023 fut l’occasion de rappeler que la France est le troisième plus gros exportateur d’armes dans le monde derrière les États-Unis et la Russie, mais devant la Chine.
Le Rafale
Longtemps décrié sous l’influence d’une presse largement subventionnée pour ce faire par l’industrie américaine, le Rafale s’est révélé comme le meilleur atout de la France dans ses ventes militaires à l’international. Rien qu’en 2022, le groupe Dassault a vendu 92 de ces avions de chasse de quatrième génération. À eux seuls, les Émirats Arabes Unis ont acheté 80 chasseurs auprès de la France, ils sont suivis de la Grèce et de l’Indonésie qui en ont commandé 6 chacune. En 2023, l’Inde devrait acquérir 26 Rafale dans leur configuration marine : c’est-à-dire la version capable de décoller depuis un porte-avions. L’Indonésie, la Colombie, la Serbie et d’autres pays souhaiteraient également se procurer des Rafale dans les prochains mois
Le Rafale est en train d’être modernisé pour devenir encore plus efficace. La future version F4 permettra au pilote de tirer des bombes d’une tonne. En entrant les coordonnées GPS de la cible, avant ou pendant le vol, le pilote sera en mesure de tirer dans un périmètre de 50 kilomètres. L’avion sera également équipé d’un viseur de casque Scorpion, fourni par Thales. Grâce à cette technologie, le pilote du chasseur aura simplement à tourner la tête en direction de l’avion ennemi pour ensuite le viser grâce à un affichage sur son casque au lieu de devoir aligner son appareil derrière l’ennemi.
Le Scorpène
L’expertise française est aussi reconnue dans le domaine maritime. L’industriel Naval Group connaît du succès à l’international, notamment grâce à ses sous-marins d’attaque Scorpène. Il s’agit d’un submersible conventionnel avec plus de 2.000 tonnes de déplacement. Ce bâtiment de guerre peut remplir tous les types de missions : lutte contre des navires de surface, destruction d’autres sous-marins, opération d’espionnage ou transport des forces spéciales. Extrêmement discret et rapide, son niveau d’automatisation lui permet d’être opéré par un équipage réduit ce qui diminue significativement les coûts.
Si le besoin s’en faisait sentir, il pourrait être doté d’une propulsion nucléaire
Les SNLE français (lance engins) ne sont pas pour des raisons évidentes, produits pour l’exportation
Le Brésil a acheté 4 Scorpène à Naval Group et l’Inde six. La Roumanie, les Philippines, l’Argentine et l’Indonésie seraient aussi intéressées par les performances du sous-marin français. À noter que le Scorpène est un succès purement international pour Naval Group car la marine nationale ne possède aucun submersible à propulsion conventionnelle dans sa flotte mais uniquement des sous-marins nucléaires.
La frégate FDI
Les submersibles ne sont pas les seuls bâtiments de guerre où Naval Group a démontré ses capacités à l’exportation
C’est notamment le cas de la frégate de défense et d’intervention (FDI), aussi connue sous le nom de Belharra, Athènes a acheté trois de ces navires de guerre à Paris pour un montant d’environ 3 milliards d’euros. D’un tonnage de 4.500 tonnes et long de 122 mètres, il navigue avec un équipage de 120 personnes. Il pourra embarquer un hélicoptère et un drone aérien ainsi que des commandos avec leurs embarcations légères.
Fortement numérisée, cette frégate est le premier navire dont la cyberprotection est intégrée dès la conception du programme. La FDI sera particulièrement performante dans la lutte anti-aérienne avec son radar à plaques Sea Fire. Ce dernier assure une vision constante à 360 degrés permettant de détecter rapidement un objet volant ; qu’il s’agisse d’un missile ou un avion.
Les navires vendus à la Grèce auront la capacité de tirer 32 missiles anti-aériens longue portée Aster 30. Contre les menaces de surface et sous-marines, la frégate dispose d’un canon de huit missiles antinavires Exocet. Elle aussi est équipée de sonars et de tubes lance-torpilles.
Le Caesar
L’industrie française a également prouvé sa maîtrise dans la conception de véhicules blindés en tous genres. L’obusier Caesar est particulièrement demandé à l’étranger, notamment depuis la guerre en Ukraine qui a révélé l’importance que conservent les combats d’artillerie au XXIe siècle.
Pour rappel, ce système d’artillerie est produit par Nexter. Il s’agit d’un canon de 155 millimètres monté sur un camion capable de tirer six coups par minute à une distance de 40 kilomètres. La version modernisée du Caesar comprend une cabine blindée, un moteur plus puissant et d’un nouveau châssis ainsi que de moyens numériques pour le rendre plus précis et plus ergonomique d’utilisation.
“La fiabilité et l’efficacité du Caesar en font l’outil idéal pour les combats de haute intensité”, a assuré son fabricant dans un communiqué. L’obusier a donc connu un succès commercial important avec plus de 337 exemplaires vendus dans plus de huit pays. L’Arabie Saoudite est l’État le plus demandeur de ce système d’artillerie et en possède 132 unités. Vient ensuite la Tchéquie avec 62 exemplaires, l’Indonésie, fidèle cliente des entreprises françaises de la défense, qui en possède 55. On trouve également parmi les pays acheteurs, le Maroc (36 unités), le Danemark (19 unités), la Lituanie (18 unités), la Belgique (9 unités) et la Thaïlande (6 unités).
Autres
D’autres blindés français sont aussi populaires dans le reste du monde. C’est notamment le cas des Griffon produit par Arquus, (ex-Renault Trucks Defense), Thalès et Nexter. En 2019, la Belgique a acheté 382 de ces véhicules à la France. Ces blindés à six roues de nouvelle génération doivent remplacer les véhicules de l’avant blindé VAB vieillissants. Ils ont été développés par les industriels français Nexter, Arquus et Thales, dans le programme Scorpion de renouvellement des capacités de combat terrestre.
Robuste, bien protégé et mobile, l’appareil possède des protections contre des engins explosifs improvisés ou, des mines. Le blindage nouvelle génération pourra même protéger les militaires de certaines radiations nucléaires et d’attaques chimiques. Le Griffon a pour mission de transporter et d’appuyer des groupes de soldats dans une zone de combat. Le groupe de combat embarqué comportera un pilote, un tireur et neuf combattants. Le véhicule de transport pourra rouler sur une distance de 800 kilomètres sans s’arrêter.
Les missiles
Enfin, la France profite aussi de la bonne santé du groupe européen MBDA qui est la deuxième entreprise au monde en termes de ventes de missiles. L’industriel emploie environ 12.000 personnes réparties entre la France (5.440 personnes), le Royaume-Uni (4.030 personnes), l’Italie (1.400 personnes), l’Allemagne (1.260 personnes), l’Espagne (20 personnes) et les États-Unis (50 personnes). Récemment, le missilier a profité d’une commande de deux milliards d’euros de la part de la France et de l’Italie pour une livraison de 700 missiles Aster. Ces engins ont pour but de protéger des villes, des bases militaires ou des navires. Le missile peut être tiré à la fois par des lanceurs de missiles situés au sol ou bien embarqués ;
. La version modernisée de ce missile est baptisée A30. Elle peut détruire des missiles balistiques dits à courte portée (300 à 600 kilomètres) et la Block 1 NT peut contrer des missiles de moyenne portée (1.300 à 1.500 kilomètres). Pour s’en protéger, l’A30 peut accélérer en moins de quatre secondes à une vitesse de 5.556 kilomètres par heure puis atteindre sa cible en moins de 10 secondes.
NB. Ces données peuvent avoir besoin de mises -à- jour
