La bande de Gaza s’étend sur quelque 360 km2, soit à peu près la taille du lac de Neuchâtel. Il s’agit d’un territoire très densément peuplé, pauvre et disposant de très peu de ressources. Surtout, l’enclave est presque totalement coupée du reste du monde depuis que le Hamas en a pris le contrôle, il y a 16 ans. Les Etats limitrophes, Israël et l’Egypte, imposent un blocus strict sur ce territoire, contrôlé par un vaste dispositif de surveillance.
Et pourtant, les combattants du Hamas qui ont attaqué Israël samedi matin l’ont fait à l’aide de milliers de roquettes, de drones larguant des grenades et d’un nombre considérable d’armes légères et munitions. D’où venaient ces armes ?
Au fil des années, le Hamas a creusé un immense réseau de tunnels reliant le territoire de Gaza au Sinaï égyptien et à Israël pour faire circuler combattants, armes et autres biens de contrebande. Ces voies souterraines sont régulièrement ciblées par les forces israéliennes et égyptiennes, sans succès. Après chaque attaque, le Hamas en creuse de nouvelles.
Avant d’atteindre les tunnels du Hamas, les armes transitent de l’Iran au Soudan. Les cargaisons gagnent ensuite l’Egypte par voie terrestre, où des réseaux de contrebande les introduisent dans la bande de Gaza. Les cargaisons gagnent ensuite l’Egypte par voie terrestre, où des réseaux de contrebande les introduisent dans la bande de Gaza.
Autre source d’entrée, la voie maritime. D’inoffensifs bateaux de pèche ou de petit cabotage larguent les armes au large de la bande de Gaza ou libèrent de petits containers ensuite récupérés par des combattants du Hamas.
Quel a été le rôle de l’Iran ?
Les responsables palestiniens ont nié avoir reçu de l’aide de la part de l’Iran pour planifier leur dernière attaque, et rien ne prouve que l’Iran ait activement participé aux massacres, selon le renseignement américain. Pourtant, Téhéran est depuis longtemps le principal soutien militaire du Hamas.
L’Iran fournit notamment des roquettes, dont le modèle Fajr-5, d’une portée de 75 kilomètres, ainsi qu’une variante locale des missiles antichars russes Kornet.
La République islamique n’exporte pas uniquement des armes prêtes à l’emploi. Elle livre également des pièces détachées et, surtout, son savoir-faire: les miliciens du Hamas sont formés par elle pour pouvoir assembler ou réparer des armes en autonomie, à l’intérieur de Gaza.
En résultat, le Hamas fabrique désormais une grande partie de ses propres armes, met au point des drones et des véhicules sous-marins sans pilote, s’engage dans la cyberguerre et est sur le point de passer des roquettes non guidées à des drones et des missiles de précision guidés par GPS», résumait une étude du Jerusalem Center for Public Affairs parue en août 2021.
Recyclage
Pourtant, la bande de Gaza ne dispose pas des matières premières habituellement nécessaires à la construction des armes. Pour se les procurer, le Hamas doit faire preuve d’ingéniosité.
Le métal utilisé à ces fins provient souvent des infrastructures détruites par les frappes aériennes d’Israël sur Gaza. Tout ce qui reste après ces attaques – tôles et tuyaux métalliques, barres d’armature, câbles électriques – trouve son chemin dans les ateliers d’armement du Hamas, pour en ressortir sous forme de tubes de roquettes ou d’autres engins explosifs.
Le groupe islamiste a également déterré les conduites d’eau qui reliaient d’anciennes colonies évacuées au territoire israélien, utilisées désormais pour fabriquer les sections de propulsion des roquettes.
L’armée israélienne est, malgré elle, également une source d’équipements pour le Hamas. Après chaque opération de Tsahal à Gaza, les combattants islamistes fouillent minutieusement décombres et champs à la recherche de munitions non explosées.
Après la guerre de 2014, Tsahal aurait laissé derrière lui des dizaines de bombes américaines non explosées, ce qui aurait permis aux hommes du Hamas de récupérer 470 kilos d’un puissant explosif dit tritonal (TNT) dans chacune d’entre elles.
L’aveuglement d’Israël et de Washington.
On comprend mal dans ces conditions que ni Israël ni les Etats-Unis, qui se vantent d’avoir les services de renseignement militaires les plus affutés du monde, n’aient rien vu venir et se soient laissés surprendre par le Hamas et par l’Iran.
https://jcpa.org/frequently-asked-questions-about-the-2023-war-with-hamas/
