05/10/2022 Le cerveau entier est utilisé dans la formulation du langage.

Les régions du cerveau jusqu’ici identifiées comme des centres du langage ne le sont pas. Elles sont seulement des centres d’échange (hubs) qui coordonnent la production du langage entre de nombreuses régions du cerveau. C’est ce qu’affirme aujourd’hui Jeremy skipper, directeur de recherche à l’University College London dans un article dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract.

Cette hypothèse qui contredit d’innombrables analyses publiées depuis la fin du 18e siècle a été reçue avec scepticisme. C’est ainsi que Broca avait situé dans les aires de Broca, ainsi nommées en son honneur, les parties du cortex frontal responsables de la formation et de l’expression du langage parlé. Les personnes touchées dans cette région comprennent ce qui leur est dit mais ne peuvent répondre. L’observation par imagerie cérébrale confirme ces hypothèses.

Skipper ne conteste pas le rôle de ces régions, mais il estime que de nombreuses autres régions du cerveau sont impliquées dans le processus langagier. C’est ainsi que lui et son équipe ont pu montrer par l’imagerie cérébrale que des régions différentes intervenaient dans la production des noms et dans celles des verbes.

Il estime que les régions dites jusqu’ici régions langagières du langage sont principalement des carrefours de connectivité (connectivity hubs) entre de nombreuses autres régions du cerveau..

Il considère que 40 % du cerveau peuvent être mobilisés, en fonction des thèmes, dans la formulation du langage.

Restera selon nous à montrer comment le cerveau intervient dans tout ce qui n’est pas le langage parlé, mais dans la productions de langages interhumains, conscients ou inconscients, telles que mimiques, postures ou réactions agressives.

Référence

The entire brain, more or less is at work: ‘Language regions’ are artefacts of averaging

Auteurs
Jeremy I Skipper and others

https://doi.org/10.1101/2023.09.01.555886

Abstract

Models of the neurobiology of language suggest that a small number of anatomically fixed brain regions are responsible for language functioning. This observation derives from centuries of examining brain lesions causing aphasia and is supported by decades of neuroimaging studies. The latter rely on thresholded measures of central tendency applied to activity patterns resulting from heterogeneous stimuli. We hypothesised that these methods obscure the whole brain distribution of regions supporting language. Specifically, cortical ‘language regions’ and the corresponding ‘language network’ consist of input regions and connectivity hubs. The latter primarily coordinate peripheral regions whose activity is variable, making them likely to be averaged out following thresholding. We tested these hypotheses in two studies using neuroimaging meta-analyses and functional magnetic resonance imaging during film watching. Both converged to suggest that averaging over heterogeneous words is localised to regions historically associated with language but distributed throughout most of the brain when not averaging over the sensorimotor properties of those words. The localised word regions are composed of highly central hubs. The film data further shows that these hubs are dynamic, connected to peripheral regions, and only appear in the aggregate across time. Results suggest that ‘language regions’ are an artefact of indiscriminately averaging across heterogeneous language representations and linguistic processes. Rather, they are mostly dynamic connectivity hubs coordinating whole-brain distributions of networks for processing the complexities of real-world language use, explaining why damage to them results in aphasia.

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