29/09/2023 Le Plan français de sobriété énergétique

L’heure est en France à la recherche des économies d’énergie. A cette fin, la Première ministre, Élisabeth Borne, et la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, ont présenté le 6 octobre 2022 un Plan de Sobriété énergétique. L’objectif en est pour la France de sortir de sa dépendance aux énergies fossiles et de réduire de 40 % sa consommation d’énergie d’ici 2050. Cela suppose de transformer durablement les habitudes et comportements.

La stratégie énergétique française, annoncée par le Président de la République à Belfort en février dernier, repose sur quatre piliers :

1. la sobriété énergétique, c’est-à-dire consommer moins . C’est surtout dans le domaine de la consommation d’électricité que des économies seraient rapidement réalisables. Les entreprises et les services publics sont les premiers concernées. Mais les particuliers le sont aussi. C’est ce que montre le document officiel 20 solutions pour réduire sa consommation d’électricité

2. l’efficacité énergétique, c’est-à-dire consommer autrement . La notion d’efficacité (ou efficience) énergétique d’un système se définit par le rapport entre le niveau d’énergie utile qu’il délivre et celui de l’énergie consommée, nécessaire à son fonctionnement. Voir youmatter.world.fr .

3. l’accélération du développement des énergies renouvelables (EnR) ; Il s’agit du domaine le plus connu. Les énergies renouvelables sont alimentées par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, les chutes d’eau, les marées. Elles sont bien acceptées en principe. Mais en pratique, l’implantation des équipements lourds qu’elles exigent soulève souvent une grande hostilité chez les personnes et intérêts directement impactées.

4. La relance de la filière nucléaire française.  Longtemps présentées par les filières concurrentes comme présentant des risques inacceptables, les centrales nucléaires dites de fission regroupent un total de 56 réacteurs dont 32 produisent chacun une puissance électrique de 900 MWe, 20 réacteurs de 1300 MWe, tandis que les quatre derniers délivrent 1450 MWe. Un 57ème réacteur est actuellement en construction à Flamanville, dans la Manche.

Mais désormais l’avenir n’est plus dans la fission, il est dans le fusion. Hébergeant le centre de recherche de Cadarache, la France avec le réacteur à fusion thermonucléaire ITER dispose d’une expérience encore unique au monde.

Ce réacteur expérimental a été conçu pour produire un plasma de fusion équivalent à 500 MW de puissance thermique pendant des durées de 400 secondes. Pour  la phase d’exploitation d’ITER , après le premier plasma en 2025, les équipements de collecte de l’énergie seront installés. Cette étape majeure devrait se terminer vers 2028. Elle permettra de valider la phase de pré-fusion, c’est-à-dire de production d’énergie avec de l’hydrogène classique, du deutérium ou de l’hélium.

Après cette phase, la machine sera disponible pendant dix-huit mois pour les scientifiques qui souhaiteraient mener des expériences.

Dans un deuxième temps, à partir de 2030, des systèmes de chauffage complémentaires indispensables pour parvenir à un plasma de fusion, seront installés. C’est le cas du système de chauffage par injection de particules neutres qui permet d’accélérer les noyaux d’hydrogène à très grande vitesse pour augmenter le chauffage du plasma afin de le porter à la température de fusion de 150 millions de degrés, température nécessaire pour un plasma auto-entretenu.

En 2032 une nouvelle campagne de travail sur la machine sera offerte aux physiciens ; en parallèle sera finalisée la construction de l’installation du cycle du combustible, qui séparera l’hélium produit au sein du plasma par la fusion de l’hydrogène et recyclera le tritium et le deutérium produits par la fusion pour les stocker temporairement et les réinjecter dans la machine. L’objectif est qu’en 2035 ITER atteigne sa pleine puissance.

Un deuxième réacteur de démonstration dit DEMO devrait suivre avant la phase d’installation.

Ces délais pourraient être raccourcis, si la France y mettait les moyens.

Remarquons que l’Allemagne, présentée comme une grande nation industrielle, en est encore à chercher comment se passer du gaz russe.

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