Leurs représentants ont signé mercredi 20 septembre un traité dit historique de protection de la haute mer, faisant espérer une entrée en vigueur dès 2025. L’objet en est de sauvegarder des écosystèmes marins vitaux pour l’humanité. Parmi ces pays on note États-Unis, Australie, Royaume-Uni, France, Allemagne, Chili, Chine, Costa Rica, Mexique, Norvège, Fidji…
La Russie a pris « ses distances » à l’égard du consensus, qualifiant certains éléments du texte de « totalement inacceptables« . Il ne semble pas que ces éléments aient été précisés. Ce faisant la Russie ne s’ honore pas.
La haute mer commence là où s’arrêtent les zones économiques exclusives (ZEE) des États, à un maximum de 200 milles nautiques (370 km) des côtes. Elle n’est donc sous la juridiction d’aucun État. Même si elle représente près de la moitié de la planète et plus de 60 % des océans, elle a longtemps été ignorée dans le combat environnemental. Aussi le nouveau traité y prévoit la création d’aires marines protégées. Aujourd’hui, environ 1 % seulement de la haute mer fait l’objet de mesures de conservation.
« Nous sommes tous dans le même bateau », a insisté auprès de l’AFP le commissaire européen à l’Environnement Virginijus Sinkevicius. « Aucun pays, aucun groupe de pays ne peut lutter seul contre la triple crise planétaire : perte de biodiversité, changement climatique et pollution ».
La science a prouvé l’importance de protéger tout entier l’océan, riche d’une biodiversité souvent microscopique qui fournit la moitié de l’oxygène que nous respirons et limite le réchauffement climatique en absorbant une partie importante du CO2 émis par les activités humaines. Mais il est menacé par le changement climatique, les pollutions et la surpêche.
La haute mer commence où s’arrêtent les zones économiques exclusives (ZEE) des Etats, à un maximum 200 milles nautiques (370 km) des côtes. Elle n’est donc sous la juridiction d’aucun Etat. Même si elle représente près de la moitié de la planète et plus de 60% des océans, elle a longtemps été ignorée dans le combat environnemental, au profit des zones côtières et de quelques espèces emblématiques.
Hormis les aires marines, le nouveau traité introduit notamment l’obligation de réaliser des études d’impact sur l’environnement des activités envisagées en haute mer. Le texte ne cite pas ces activités, qui pourraient aller de la pêche à l’exploitation minière du plancher océanique en passant par le transport maritime. Des activités qui dépendent parfois d’autres organisations internationales, comme l’Autorité internationale des fonds marins.
Le secrétaire d’État français à la Mer Hervé Berville a d’ailleurs saisi l’occasion pour répéter l’appel de la France – loin d’être consensuel – à un moratoire sur l’extraction minière sous-marine. « Nous ne serons pas crédibles si nous ratifions le traité sur la haute mer mais permettons une activité qui va causer du tort au climat, à la biodiversité, et aux communautés à travers le monde ».
Le Traité sera-t-il respecté ? A ce jour on peut en douter. Les intérêts industriels de la plupart des pays ont découvert récemment la présence sur les fonds marins ou à faible profondeur de minerais de grande valeur, devenus rares. On y ajoutera des ressources pétrolières auxquelles personne ne renoncera, malgré l’essor des énergies dites vertes ou les promesses de l’énergie nucléaire de fusion.
Par ailleurs et surtout, quels Etats ont les ressources suffisantes pour jouer le rôle de gendarme de la mer. Les observations satellitaires ne suffiront pas. Il faudra des unités marines armées pour intercepter des pirates bien décidés à se défendre par tous moyens.
