18/09/2023 Identification des restes d’un nouveau-né Sapiens parmi ceux de nouveaux-nés néandertaliens

Voir Techno-science https://www.techno-science.net/actualite/premier-humain-anatomiquement-moderne-identifie-france-chatelperronien-N23660.html

 Le déclin des Néandertaliens et l’expansion des premiers groupes d’hommes dits Sapiens ou Modernes en Europe de l’Ouest se produisirent entre -45 à -40 000 ans. Cette époque se situe au tournant du Paléolithique moyen et du Paléolithique supérieur. Désormais, la culture évolue plus vite que la biologie 

Ainsi une même culture de la pierre, culture dite lithique, n’accompagne plus la succession de différentes espèces humaines. C’est au contraire chaque espèce qui, au long de son évolution, invente plusieurs cultures. Celles-ci durent alors quelques milliers d’années.

Le terme de Châtelperronien désigne une culture de la pierre qui s’étend de 38 000 à 30 000 ans BP environ, localisée en Europe occidentale. Il est situé entre le Moustérien et l’Aurignacien. Attribué à l’homme de Néandertal, il se caractérise par un outillage proche de celui que développera l’Homme moderne (objets sur lame, grattoirs, burins, etc.).

Voir Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2telperronien

La grotte du Renne à Arcy-sur-Cure (Yonne, France) reste le seul gisement où ont été mis en évidence des niveaux archéologiques châtelperroniens livrant une importante collection de restes humains attribués aux Néandertaliens. Un inventaire récent de cette collection a permis de détecter un fossile inédit: un ilion droit d’un nouveau-né (nommé AR-63). Cet ossement de périnatal a la taille, et en vue latérale ou médiale à peu près la forme, d’une pièce de deux euros. Son étude a nécessité une analyse morphométrique 3D très approfondie pour discuter son appartenance taxinomique.

Afin d’étudier la morphologie d’AR-63, une équipe de préhistoriens référencée ci-dessous, dont le mondialement connu Jean-Jacques Hublin, a constitué la plus importante collection d’ilions de périnatals d’humains récents (Nubiens protohistoriques et Français du Moyen Age) et utilisé les deux seuls ilions connus et bien conservés de périnatals néandertaliens. Leurs résultats démontrent l’existence de différences morphologiques sur l’ilion entre les deux lignées humaines et ce, dès le plus jeune âge. Une de ces différences, précédemment observée sur les coxaux d’adultes néandertaliens, est considérée comme un trait primitif de cette lignée humaine, trait absent chez les humains anatomiquement modernes.

En s’appuyant sur ces distinctions morphologiques, AR-63 se distingue nettement des deux Néandertaliens. Il doit être considéré comme un fossile anatomiquement moderne. De plus, AR-63 se situe en marge de la variabilité humaine récente et présente donc une morphologie qui n’existe pas au sein de la collection de comparaison. Cela est probablement la conséquence de sa très grande ancienneté chronologique.

Reste à savoir pourquoi il se trouvait parmi les néandertaliens. Les deux espèces cohabitaient elles pacifiquement ou AR-63 était-il le produit d’une prise de guerre?

Ces travaux menés par une équipe internationale ont été publiés dans Nature Scientific Reports dont on trouvera ci dessous les références et l’abstract

Références

Nature
Published: 04 August 2023

Scientific Reports 

volume13, Article number: 12682 (2023) 

  • Abstract

Around 42,000 years ago, anatomically modern humans appeared in Western Europe to the detriment of indigenous Neanderthal groups. It is during this period that new techno-cultural complexes appear, such as the Châtelperronian that extends from northern Spain to the Paris Basin. The Grotte du Renne (Arcy-sur-Cure) is a key site for discussing the biological identity of its makers. This deposit has yielded several Neanderthal human remains in its Châtelperronian levels. However, the last inventory of the paleoanthropological collection attributed to this techno-complex allowed the identification of an ilium belonging to a neonate (AR-63) whose morphology required a thorough analysis to assess its taxonomic attribution. Using geometric morphometrics, we quantified its morphology and compared it to that of 2 Neanderthals and 32 recent individuals deceased during the perinatal period to explore their morphological variation. Our results indicate a morphological distinction between the ilia of Neanderthals and anatomically modern neonates. Although AR-63 is slightly outside recent variability, it clearly differs from the Neanderthals. We propose that this is due to its belonging to an early modern human lineage whose morphology differs slightly from present-day humans. We also explore different hypotheses about the presence of this anatomically modern neonate ilium among Neanderthal remains.

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