13/09/2023 La guerre du lithium. La France veut rester en ligne

L’accord s’est fait en France sur la nécessite d’abandonner au plus vite les véhicules utilisant un moteur a explosion pour des véhicules à moteur électriques. Même les poids lourds y viendront, malgré de fortes résistances. Cependant les moteurs électriques exigent un équipement important en batteries si l’on souhaite une autonomie sans recharge de 800 à 1000 km et des temps de recharge inférieurs à 1 heure.

Or à ce jour les seules solutions envisageables en terme d’accumulateurs mobiles sont des batteries au lithium. Pourquoi au lithium et pas au plomb ? Le lithium a un premier atout, qui est la légèreté. Il possède également un haut potentiel électrochimique et une densité énergétique exceptionnelle. Pour résumer ces qualités, on emploie le terme de batteries lithium-ion.

Mais pour se mettre au lithium, la France ne dispose pas de ressources suffisantes sur son sol, en dehors notamment de la baie d’Audierne. Elle est encore loin derrière la Chine. D’ici 2025, Pékin pourrait fournir près de 20% des voitures électriques en Europe. Pour se donner la place de leader mondial de la fabrication de batteries et de voitures électriques, la Chine investit dans des mines sur son sol et à l’étranger tout en assurant le raffinage du lithium sur son territoire.

Actuellement, la Chine produit près de 75% de toutes les batteries au lithium du monde. Mais le métal ne vient pas de son sous-sol : les deux-tiers sont importés de mines qu’elle exploite à l’étranger, essentiellement au Chili, en Argentine et en Australie. 65% du lithium raffiné sort ensuite des usines chinoises. Deux entreprises, Tianqi et Gafeng, contrôlent à elles seules un tiers de la production mondiale.

La Chine et la Russie ont pour l’avenir décidé de s’associer. Elles viennent de signer un contrat d’investissement très important pour ouvrir deux mines en Bolivie. qui dispose de grandes quantités de ce métal. L’entreprise chinoise Citic Guoan et la russe Uranium One Group, toutes deux à forte participation d’Etat, vont s’allier avec la compagnie publique Yacimientos de Litio Bolivianos (YLB) pour construire deux usines de production de carbonate de lithium, a indiqué le président de la Bolivie, Luis Arce, lors d’un événement public.

Les deux groupes investiront 1,4 milliard de dollars dans le pays. Uranium One Group mettra 578 millions de dollars pour une usine dans le désert de sel de Pastos Grandes, et Citic Guoan en investira 857 millions pour un projet similaire dans celui d’Uyuni. Les deux sites se trouvent dans le département de Potosi (sud-ouest). Le ministère bolivien des Hydrocarbures et de l’Energie a affirmé que « chaque complexe aura une capacité de production de 25.000 tonnes métriques par an ». Les chantiers démarreront dans les trois mois.

Actuellement, la Chine possède la moitié du parc mondial de véhicules électriques et exporte une grande partie de sa production à l’étranger, essentiellement en Europe. Dès l’année prochaine, une nouvelle génération de batteries chinoises au lithium devrait permettre à ces véhicules d’atteindre une autonomie de 1.000 kilomètres, avec une charge rapide de seulement dix minutes.

Pour sa part l’Allemagne ne semble pas avoir encore compris les enjeux . Sa ministre  verte des affaires étrangères Annalena Baerbock  affiche l’intention d’exclure la Chine du processus de création de valeur dans la production de lithium. Elle propose que le processus de transformation du lithium se déroule à l’avenir en Australie …tout en restant compétitif

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