D’ici 2040, plus de la moitié du marché de la production automobile mondiale devrait être constituée de véhicules électriques (VE). Les ventes mondiales en ont presque quadruplé, passant de 3 millions en 2020 à plus de 10 millions deux ans plus tard, en 2022.
D’ici à 2030, l’Agence internationale de l’énergie (https://www.iea.org/) prévoit que les ventes mondiales auront plus que triplé pour atteindre plus de 35 millions. Les ventes annuelles de VE aux États-Unis devraient passer de 300.000 en 2020 à 1,7 million par an en 2024.
D’ici 2040, plus de la moitié du marché de la production automobile mondiale devrait être constituée de véhicules électriques. Leurs ventes mondiales ont presque quadruplé, passant de 3 millions en 2020 à plus de 10 millions deux ans plus tard, en 2022. D’ici à 2030, l’Agence internationale de l’énergie prévoit que les ventes mondiales auront plus que triplé pour dépasser 35 millions.
Cette évolution sera encouragée par les pouvoirs publics et l’opinion, car les VE ne produisent pas de gaz à effets de serre et sont généralement moins bruyants. Mais il faut voir qu’elle se fera au détriment des travailleurs qui produisent des véhicules à moteur à combustion interne. Étant donné que les VE nécessitent beaucoup moins de temps de travail que les véhicules à moteur à combustion interne, les constructeurs prévoient de réaliser cette transition en supprimant des centaines de milliers d’emplois soit environ la moitié des effectifs actuels.
Ainsi aux Etats-Unis, l’ancien PDG de Ford, Jim Hackett, avait déclaré en 2017 que «les véhicules électriques permettront aux usines automobiles d’avoir une zone d’assemblage final deux fois plus petite, nécessitant deux fois moins d’investissements et 30 pour cent d’heures de travail en moins par voiture» : Ceci a été confirmé par le PDG actuel, Jim Farley, a confirmé cette année: «Nous avons trop de monde dans certains endroits, cela ne fait aucun doute».
Bernd Osterloh, le plus haut représentant syndical de Volkswagen, a rappelé que les groupes motopropulseurs des voitures électriques ne comportaient qu’un sixième des composants nécessités par les moteurs à combustion. « Une usine de batteries ne nécessite qu’un cinquième de la main-d’œuvre par rapport à une usine de moteurs».
Selon un rapport de 2021 de l’Association européenne des fournisseurs de l’automobile https://www.euractiv.fr/tag/association-europeenne-des-fournisseurs-automobiles/ 500.000 ouvriers de l’automobile vont perdre leur emploi rien qu’en Europe d’ici 2040, dont 121.000 en Allemagne, 74.000 en Italie, 72.000 en Espagne et 56.000 en Roumanie.
Par ailleurs, en Allemagne l’institut Ifo pour la recherche économique https://www.ifo.de/en, prévoit 215.000 pertes d’emploi en Allemagne d’ici 2030, soit 40 pour cent des travailleurs de l’automobile dans ce pays. Le cabinet d’analyse Arthur D. Little Japan Arthur%20D.%20Little%20Japan prévoit le licenciement de 84.000 travailleurs d’ici à 2050. Enfin, un haut responsable syndical de l’entreprise sud-coréenne Hyundai prédit que 70 pour cent de tous les ouvriers de l’automobile de ce pays perdront bientôt leur emploi.
Aux États-Unis l’effet sera dévastateur. Brett Smith, directeur de la technologie au Center for Automotive Research https://www.cargroup.org/mbs/ basé aux États-Unis, a déclaré: «L’industrie traverse une transition comme elle n’en a jamais connue. Il y a de fortes chances qu’il y ait moins d’emplois chez les constructeurs et les fabricants de pièces détachés. Cela créera des problèmes dans certaines Etats américains de la Rust Belt »
Enfin, selon une étude se disant elle-même optimiste 15.000 emplois dans le secteur automobile pourraient être supprimés rien qu’aux États-Unis au cours des sept prochaines années, dont 33.000 emplois dans le secteur de l’assemblage et 41.000 emplois dans le secteur des pièces détachées. En fait les suppressions d’emplois aux États-Unis seront probablement plus proches de 500.000 dans les années à venir.
Dans les deux cas, les licenciements massifs créeront une course vers le bas pour les emplois dans les usines de VE. L’augmentation du chômage entraînera une pression à la baisse sur les salaires, non seulement dans l’industrie automobile, mais dans l’ensemble de l’économie.
C’est la prise de conscience de cette situation qui pousse actuellement les industriels américains à revendiquer une hausse permanente de l’aide à l’Ukraine. Celle-ci se traduit pour l’essentiel par une augmentation des commandes de Kiev au profit des industriels américains de l’armement, notamment ceux de la Rust Belt.
Nos remerciements à WSWS pour son apport.
