04/09/2023 La France va perdre son avance en matière de fusion nucléaire

Il aurait été étonnant que le complexe militaro-scientifique américain laisse la France conserver l’avance qu’elle avait prise, grâce au CEA et EDF, dans le domaine de la fusion nucléaire.

Il est souvent dit que le pays qui maîtrisera cette nouvelle forme d’énergie dominera le monde. C’est sans doute exagéré. Il reste que la fusion de deux atomes, l’un d’oxygène, l’autre d’hydrogène qui dégage des quantités de chaleur importante sans production comme le fait la fission de déchets radioactifs, devrait permettre à la France de satisfaire ses besoins d’électricité voire d’en revendre dans les pays voisins. Encore faut-il maitriser la technologie nécessaire qui est très complexe.

C’est l’objet du programme Iter qu’une vingtaine de pays étudient autour des chercheurs français sur le site de Cadarache. Iter ne vise pas à mettre en place une unité de production à l’échelle industrielle, mais à résoudre en commun les nombreuses difficultés que suscitera ce passage à la production.

Voir Iter https://fr.wikipedia.org/wiki/ITER

Malheureusement, l’hostilité que suscitait jusqu’à cette année en France le nucléaire de fission a fait que la France n’a pas mis suffisamment de moyens pour se doter en temps utiles de son propre programme de fusion. Elle est en train de perdre la course face aux Etats-Unis.

Les récents progrès dans la recherche sur la fusion ont conduit le gouvernement américain à établir une “Vision audacieuse pour l’énergie de fusion commerciale” reposant sur la croissance de l’industrie mondiale de la fusion. Les résultats n’ont pas tardé Le 5 décembre 2022, une fusion nucléaire a été réussie dans un environnement contrôlé », a annoncé Jill Hruby, la sous-secrétaire de l’administration pour la Sécurité nationale nucléaire (NNSA).

Elle a ensuite expliqué que « 192 lasers se sont focalisés sur une capsule de la taille d’un grain de poivre et ont simulé ainsi le cœur d’une étoile. Ce sont les premiers pas vers une énergie propre qui pourra révolutionner le monde », a-t-elle ajouté durant la conférence de presse.

« C’est une étape scientifique importante et une merveille de l’ingénierie », s’est félicitée Jennifer Granholm, la Secrétaire américaine de l’Energie. « Cette réussite se retrouvera dans les livres d’Histoire. »

Par la suite, les scientifiques ont observé une fusion. les données ont été analysées de nombreuses fois pour confirmer ce résultat: « Il va falloir maintenant pouvoir répliquer ce phénomène de manière plus simple, plusieurs fois par minutes », a souligné Kim Budil, la directrice du Laboratoire national Lawrence Livermore (LLNL).

Il s’agira d’une étape importante pour la future commercialisation du procédé.. L’une des clefs en sera la capsule qui contient le combustible: cette coquille devra être améliorée, selon Michael Stadermann, l’un des scientifiques du National Ignition Facility (NIF). Décrite comme presque parfaitement ronde, elle est plus lisse que le meilleur des miroirs, chaque imperfection pouvant avoir une influence sur l’expérience. La capsule utilisée lundi 5 décembre avait « un design robuste, avec moins de défauts » pour effectuer cet allumage par fusion réussi, a expliqué Michael Stadermann

Ce processus peut être obtenu à l’aide de lasers puissants . Au NIF, qui dépend du laboratoire californien, 192 lasers sont dirigés vers une cible aussi petite qu’un dé à coudre, où sont placés les atomes légers d’hydrogène à fusionner.

Les scientifiques ont ainsi produit environ 3,15 mégajoules d’énergie, en délivrant à l’origine 2,05 mégajoules avec les lasers. La réaction s’est passée en moins de temps que la lumière met pour parcourir trois mètres, selon l’un des scientifiques impliqués dans la recherche.

Voir notre article précédant
23/08/2023 La National Ignition Facility (USA) maitrisera-t-elle la fusion nucléaire avant la France ?

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