02/09/2023 Grâce à la Lorraine, une chance pour la voiture à hydrogène en France

On appelle voiture à hydrogène une voiture dotée d’un moteur à explosion qui utilise au lieu d’essence, de l’hydrogène (dihydrogène ). Au sein d’une pile à combustible, le moteur fait appel à deux gaz, l’hydrogène stocké sous forme liquide dans un réservoir et l’oxygène de l’air. La combustion ou électrolyse produit de la vapeur d’eau, H2O. Celle-ci n’est pas polluante, à condition d’être obtenue d’une façon exempte de polluants. Au contraire elle contribue à l’humidification de l’air et de la végétation, précieuse dans la perspective d’un changement climatique éventuellement desséchant.

Les industriels français se sont intéressés depuis longtemps au moteur à hydrogène. Malheureusement la France ne disposait pas de suffisamment d’eau et d’électricité pour assurer en grande quantité la production d’hydrogène nécessaire. C’est donc avec beaucoup d’intérêt qu’ils ont appris la découverte, en France même, de réserves d’hydrogène qui semblent considérables.

Il s’agit d’un gisement qui pourrait être le plus gros réservoir mondial de ce gaz. Jusqu’ici, cette région située à la frontière franco-allemande était surtout connue pour ses puits de mines de charbon, dont le dernier a fermé il y a vingt ans. Mais à l’avenir, elle pourrait devenir célèbre pour une autre source d’énergie majeure cachée dans son sous-sol : l’hydrogène, ou plus exactement le dihydrogène (H2).

Cela grâce à des travaux menés par Philippe de Donato et Jacques Pironon, directeurs de recherche au laboratoire GeoRessources de Nancy http://georessources.univ-lorraine.fr/. « Nos données indiquent que le sous-sol du bassin minier lorrain est très riche en hydrogène blanc. Si elle est validée, cette découverte pourrait grandement aider à assurer la transition vers des sources d’énergie propre, protectrices du climat »

De manière générale, l’hydrogène est considéré par beaucoup comme un levier essentiel pour accélérer l’abandon des combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole et le gaz naturel. Contrairement à ces derniers, sa combustion n’émet pas de dioxyde de carbone (CO2), le gaz à effet de serre le plus fortement impliqué dans le changement climatique. Aussi, l’espoir est grand de le voir devenir le carburant des véhicules de demain dotés de piles à combustible. Il pourrait aussi servir de combustible propre dans toutes les industries qui dépendent actuellement du méthane : les cimenteries, la sidérurgie, la métallurgie, etc.

On nomme dihydrogène blanc celui produit naturellement et déjà disponible. « Il est dit « blanc », car sa production n’émet pas de gaz à effet de serre », précise Jacques Pironon dans le Journal du CNRS. Ce chercheur est, avec Philippe de Donato, directeur de recherche au laboratoire GeoRessources de Nancy, le responsable des travaux de recherche qui ont mené, par hasard, à ce qui pourrait être un des plus grands réservoirs d’hydrogène blanc au monde .

Cet hydrogène blanc est produit par la réaction du carbonate ferreux très présent dans le sous-sol lorrain avec les molécules d’eau.  On peut le qualifier de renouvelable puisque cette réaction continue de se produire . Un seul autre gisement est connu à ce jour, au Mali. Il est inexploitable aujourd’hui compte tenu du climat anti-français qui y règne

Il restera un défi de taille à relever : celui de développer la technologie capable, à de telles profondeurs, d’isoler l’hydrogène des autres gaz avant de l’extraire.

En mars 2023, la Française de l’énergie a déposé une demande de permis de recherche d’hydrogène naturel et d’exploitation. Quant au projet de recherche initial qui devait se terminer en 2023, il a été prolongé et se concentrera, à partir de 2024, sur l’exploration et l’exploitation d’hydrogène naturel.

Initialement parties pour étudier le méthane du bassin minier lorrain, les équipes françaises ont trouvé le gaz recherché. Mais, fin 2022, elles sont tombées par hasard sur une petite quantité d’hydrogène, à 600 mètres de profondeur. Il fallait donc creuser, puisque plus l’on va en profondeur, plus l’oxygène disparaît au profit de l’hydrogène.

Grâce à une sonde initialement développée pour la recherche de méthane par les chercheurs – conjointement avec l’entreprise Solexperts -, des investigations ont été menées jusqu’à 1,1 kilomètre de profondeur. À ce stade, la teneur en hydrogène était de 15 à 17 % et, d’après les estimations, il se pourrait que ce gaz soit produit à plus de 3 000 mètres de profondeur, où la teneur en hydrogène dépasse les 90 % !

Le gisement concerné mesurant six kilomètres de profondeur, ce serait 46 millions de tonnes d’hydrogène qui se trouveraient dans le sol : soit plus de la moitié de la production mondiale annuelle d’hydrogène gris (produit par vaporeformage). 

Laisser un commentaire