Les cerveaux des enfants de paranthropes atteignaient une taille adulte dès l’âge de trois ans

C’est l’une des principales découvertes d’une équipe internationale de paléoanthropologues à partir des fossiles de quatre individus, datant de deux millions d’années environ, retrouvés en Afrique du Sud. Nous publions ci-dessous le résumé et les références de leur article, paru dans Science Advances du 3 mai 2023

Le paranthrope. Information disponible sur Internet

Paranthropus robustus est une espèce éteinte du genre Paranthropus, qui vivait en Afrique australe de 2 à 1,5 million d’années  bp Il a été découvert en 1938 à Kromdraai, en Afrique du Sud. D’autres sites préhistoriques d’Afrique du Sud, tels Swartkrans et Drimolen, ont ensuite livré des restes fossiles de cette espèce

Décrite en 1938 par le sud-africain Robert BroomParanthropus robustus fut la seconde espèce d’hominine définie (après Australopithecus africanus en 1925), et la première du genre Paranthrope. Le fossile TM 1517 trouvé en 1938 à Kromdraai par le collégien Gert Terblanche est l’holotype de l’espèce. Robert Broom découvrit en 1948 à Swartkrans des fossiles plus conséquents qu’il attribua à la même espèce. Il fallut néanmoins attendre 1994 pour trouver à Drimolen le crâne le plus complet de Paranthropus robustus connu à ce jour, DNH 7, dit Eurydice.

Phylogénie des genres actuels et fossiles d’Homininés :

 Homininae   Dryopithecini   † Dryopithecus (les Dryopithèques)
 Gorillini   Gorilla (les Gorilles)
 Hominini   Panina   Pan (les Chimpanzés)
 Hominina 
 † Ardipithecus (Ardi)

 † Sahelanthropus (Toumaï)

 † Australopithecus (Little FootLucy, etc.)

 † Paranthropus (Crâne noir)

 Homo (les Humains)


Les Paranthropes sont caractérisés par des crânes très robustes capables de produire une forte pression masticatoire, et par de grosses dents jugales, couvertes de la plus épaisse couche d’émail connue chez les hominidés. Le volume endocrânien du spécimen SK 1585 est estimé à 476 cm3.

Le squelette post-crânien de Paranthropus robustus est comparable à celui des autres Paranthropes et Australopithèques, et témoigne d’une bipédie, avec un certain degré d’arboricolisme conservé au niveau des membres supérieurs.

Paranthropus robustus présenterait un fort dimorphisme sexuel, avec des mâles sensiblement plus gros et plus robustes que les femelles. Sur la base de 3 spécimens, les mâles auraient eu une taille moyenne de 132 cm et les femelles de 110 cm. Sur un échantillon de 4 spécimens, les mâles auraient pesé en moyenne 42 kg et les femelles 30 kg2.

L’anatomie du squelette de Paranthropus robustus suggère que cette espèce avait un régime végétarien..

Les éclats de pierre et les galets taillés associés aux fossiles de Paranthropus robustus suggèrent que cet hominidé utilisait des outils et était peut-être capable d’en fabriquer .

Article
Hominin fossils from Kromdraai and Drimolen inform Paranthropus robustus craniofacial ontogeny

JOSÉ BRAGA  and others

SCIENCE ADVANCES

3 May 2023

Vol 9, Issue 18

DOI: 10.1126/sciadv.ade7165

  • Abstract

Ontogeny provides critical information about the evolutionary history of early hominin adult morphology. We describe fossils from the southern African sites of Kromdraai and Drimolen that provide insights into early craniofacial development in the Pleistocene robust australopith Paranthropus robustus. We show that while most distinctive robust craniofacial features appear relatively late in ontogeny, a few do not. We also find unexpected evidence of independence in the growth of the premaxillary and maxillary regions. Differential growth results in a proportionately larger and more postero-inferiorly rotated cerebral fossa in P. robustus infants than in the developmentally older Australopithecus africanus juvenile from Taung. The accumulated evidence from these fossils suggests that the iconic SK 54 juvenile calvaria is more likely early Homo than Paranthropus. It is also consistent with the hypothesis that P. robustus is more closely related to Homo than to A. africanus.

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