Le courant nord-atlantique dit AMOC (Atlantic meridional overturning circulation ou circulation méridienne de retournement atlantique, dont la branche la plus connue est le Gulf Stream, constitue le plus important courant océanique capable d’influencer le climat mondial, et en particulier celui de l’Europe. Il s’agit d’un courant chaud né dans les tropiques. Il permet à l’Europe atlantique en hiver de conserver un climat tempéré alors que les glaces du pôle nord paralysent une grande partie de la Russie du Nord.
Or, l’AMOC pourrait s’arrêter d’ici 2060 si les émissions actuelles de gaz à effet de serre persistaient. Alors qu’une partie du monde se réchaufferait encore plus, l’Europe se refroidirait jusqu’à atteindre un froid glacial. Ce refroidissement serait alors sans doute le bienvenu en Europe qui pourrait ainsi conserver un climat tempéré dans ses parties cotières .
Telle est la conclusion d’un rapport qui vient d’être publié par l’université de Copenhague dans le journal Nature Communications ce mardi 25 juillet. Nous en donnons ci-dessous les références et l’abstract
Cette université, considérée comme la meilleure des pays scandinaves, jouit d’une réputation prestigieuse en ce qui concerne la recherche scientifique. Or les conclusions de son étude vont complètement à l’inverse de ce que prévoient les derniers rapports du Giec.
Jusqu’à maintenant, toutes les études envisageaient un climat de plus en plus chaud en Europe, la région du monde qui se réchauffe actuellement le plus vite après les pôles. Mais l’institut Niels Bohr de l’université de Copenhague envisage désormais la possibilité d’un continent européen plus froid dans quelques dizaines d’années, et cela en raison de la modification des courants océaniques de l’Atlantique.
Selon les chercheurs de l’Institut, la circulation des courants océaniques de l’Atlantique nord, qui influence les masses d’air chauds et froids dans la zone, va s’arrêter si nos émissions de gaz à effet de serre continuent au même rythme. L’équipe a utilisé des outils statistiques et des relevés de températures sur les 150 dernières années pour comprendre l’évolution de l’Amoc. Selon eux, il y a 95 % de chances pour que celle-ci disparaisse entre 2025 et 2095, avec une probabilité encore plus forte dans 34 ans, soit en 2057.
Ce courant est ce que les spécialistes appelle une boucle de circulation, ou boucle thermohaline, qui brasse les eaux et disperse la chaleur dans chaque hémisphère du Globe. Il joue donc un rôle fondamental dans le fonctionnement du climat. Son bouleversement, ou pire son effondrement, modifierait complètement notre climat, au niveau des températures comme des précipitations.
Concrètement, cela voudrait dire que la majorité de la planète va continuer à se réchauffer encore plus fort, en particulier les Tropiques qui subiront dans ce cas des températures extrêmes. Mais l’inverse se produirait en Europe. Comme le courant circule dans l’Atlantique, proche de notre continent, il réchauffe l’Europe. Son absence dans le Pacifique explique notamment pourquoi l’Alaska est par exemple un pays beaucoup plus froid que ceux de la Scandinavie aux mêmes latitudes.
Si ce courant s’arrêtait, cela plongerait donc une partie de l’Europe dans un froid glacial. Un phénomène difficile à imaginer dans le contexte actuel du réchauffement climatique flagrant en Europe. Parmi les autres conséquences envisagées, la hausse subite du niveau de la mer, qui engloutirait des zones comme la côte est des États-Unis.
Ajoutons que l’Europe subirait alors l’invasion de milliards de réfugiés climatiques.
Les conclusions de l’université de Copenhague contredisent donc celles du Giec sur l’évolution du courant Amoc : le Giec ne juge pas possible un effondrement du courant d’ici la fin du siècle, et encore moins, un refroidissement de l’Europe.
L’évolution du courant et celle des températures de surface des océans n’est réellement étudiée que depuis une quinzaine d’années. Toutes les recherches effectuées sur le sujet comportent donc encore de nombreux points d’interrogations.
Sur le GIEC
N’étant pas lui-même un organisme de recherche, il fait appel pour la rédaction des rapports à des experts. Ceux-ci font la synthèse des travaux de recherche reconnus, effectués partout dans le monde et publiés dans les revues scientifiques. Pour cela, le Giec est organisé en trois groupes de travail : le premier évalue les données scientifiques sur le climat et son évolution, le deuxième enquête sur la vulnérabilité et l’adaptation des systèmes socio-économiques face aux conséquences du changement climatique, et le troisième envisage des moyens d’atténuer le changement climatique et ses effet
Référence
https://www.nature.com/articles/s41467-023-
Warning of a forthcoming collapse of the Atlantic meridional overturning circulation
volume14, Article number: 4254 (2023)is article
- Abstract
The Atlantic meridional overturning circulation (AMOC) is a major tipping element in the climate system and a future collapse would have severe impacts on the climate in the North Atlantic region. In recent years weakening in circulation has been reported, but assessments by the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), based on the Climate Model Intercomparison Project (CMIP) model simulations suggest that a full collapse is unlikely within the 21st century. Tipping to an undesired state in the climate is, however, a growing concern with increasing greenhouse gas concentrations. Predictions based on observations rely on detecting early-warning signals, primarily an increase in variance (loss of resilience) and increased autocorrelation (critical slowing down), which have recently been reported for the AMOC. Here we provide statistical significance and data-driven estimators for the time of tipping. We estimate a collapse of the AMOC to occur around mid-century under the current scenario of future emissions.
